Pour la prétendue fête du retour de l’an, le dernier haïkou assassin et l’affection d’un limerick de Charpentreau…
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Haïkous yakouzas
Haïkous yakouzas
- confluences entre meurtre et poésie -
On l’ignore trop souvent en Occident : le haïkou participe au meurtre. Il s’agissait autrefois d’une tradition rituelle en Extrême-Orient : les tueurs professionnels (rônins errants, yakouzas à gages, etc.) avaient coutume de réciter un haïkou pour accompagner en poésie le geste du poignard définitif à leur victime. Ce sacrifice fut longtemps occulté par les spécialistes littéraires pour des raisons morales compréhensibles dans nos sociétés corsetées de pudeur.
En un haïkou, c’est à dire trois vers si minuscules que ce ne sont que des vermisseaux, pardon : des versiculets de 5+7+5 syllabes, nos amis japonais révèlent leur courage à tuer les autres (et c’est de l’assassinat/ satsujin) ou soi-même (et c’est alors du simple suicide/jisatsu - avec toute la nippone courtoisie d’usage en sépoukou (harakiri) poétique).
L’Occident ne connaît que les classiques haïkous benoitement fleuris de grenouilles ou de cerisiers. Il paraît donc intéressant de proposer aux experts ces « Haïkous Yakouzas » tirés d’une tradition longtemps occultée. Les 24 compositions retenues, je les ai traduites en respectant le célèbre cadre originel de 17 syllabes distribuées en 3 vers au rythme impair de 5+7+5 pieds.
On voudra bien les dire en suggérant la gravité de l’instant fatal dont ces poèmes s’auréolent.
Notre Comité de Rédaction a décidé qu’il ne sera publié qu’un haïkou par jour. La dimension de ces poèmes l’exige : plus un poème est court, plus il a besoin d’espace et de silence pour en explorer les sentes et les avenues dans notre sensibilité !
Lenteur oblige !
Et puis, c’est les vacances !
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