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	<title>Robert Vigneau : le blog !</title>
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	<description>Mes coups de coeur et mes coups de sang sur tout et sur rien et r&#233;ciproquement.</description>
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		<title>Robert Vigneau : le blog !</title>
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		<title>Le go&#251;t du dimanche</title>
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		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;dernier r&#233;cit ramadanesque&#8230; Profitez-en !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;Contes pour siestes d&#233;votes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2689-be2df.jpg?1769805391' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LE GOUT DU DIMANCHE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Il &#233;tait une fois un &#233;tudiant en statistique fiduciaire de Lahore, Pakistan, du nom de Iqbal ben Ali, qui avait obtenu une bourse &#224; l'universit&#233; Paul Val&#233;ry de Montpellier, France. Il prenait tous ses repas de la semaine au restau U et le dimanche, quand cette cafeteria &#233;tait ferm&#233;e, il s'offrait en solitaire le luxe d'une gargote familiale proche. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois il prenait grand soin de savoir ce qu'il mangeait tant il craignait d'ing&#233;rer du porc dont les chr&#233;tiens se montrent si friands. Par exemple, il avait appris &#224; se m&#233;fier des saucisses et lorsque les serveuses du restau U qui avaient remarqu&#233; sa r&#233;serve, lui proposaient du jambon &#224; la place, il refusait car un voisin de plateau, d'origine alg&#233;rienne, lui pr&#233;cisa en arabe d'o&#249; provenait cette app&#233;tissante tranche de viande, cuisse d'halouf, b&#234;te impure !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Aussi se montra-t-il fort circonspect lorsqu'il osa pour la premi&#232;re fois entrer dans le modeste restaurant du dimanche. Ninette, l'opulente patronne, l'installa dans le coin des c&#233;libataires. Mais que choisir ? Iqbal regarda dans les assiettes des convives attabl&#233;es &#224; c&#244;t&#233; de lui. Pr&#232;s du radiateur, un vieillard nanti d'une barbe de p&#232;lerin semblait se d&#233;lecter d'un plat qui paraissait fort app&#233;tissant. Manifestement, ce n'&#233;tait pas de la viande : il n'y avait pas d'os et &#231;a n'avait certes pas l'aspect fibreux du carn&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Iqbal demanda &#224; Ninette de lui indiquer le nom de ce plat. Elle lui montra sur la carte qu'il s'agissait de boudin aux deux pommes. Iqbal se reprocha d'avoir oubli&#233; son dictionnaire de poche pour rechercher le sens du mot boudin mais il connaissait le mot pomme, rencontr&#233; la veille dans une liste de vocabulaire. Pointant son index sur la carte, il demanda :&lt;br class='autobr' /&gt; - Pomme, le fruit ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;- Les deux, r&#233;pondit Ninette. Le fruit et le l&#233;gume ! Pomme de terre et pomme de l'air !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Alors tout devint lumineux : Iqbal comprit pourquoi dans ce plat, il y avait deux couleurs, le noir et le blanc : probablement le l&#233;gume, noir et long comme une banane et le fruit, blanc r&#233;duit en pur&#233;e ! Ou quelque chose comme &#231;a. De toute fa&#231;on, Il ne s'agissait pas de viande donc pas de cochon ! Enfin, c'&#233;tait un des plats les meilleurs march&#233;s de la carte. Ce d&#233;tail le d&#233;cida. Il commanda donc ce boudin aux deux pommes et s'en r&#233;gala.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Cela fondait sur la langue, combinait le sucr&#233;, le sal&#233;, le moelleux. Quel subtil d&#233;lice ! On avait bien raison de pr&#233;tendre la cuisine fran&#231;aise la premi&#232;re du monde. Il n'y manquait qu'un peu de piment pour exactement la savourer. La prochaine fois, Iqbal oublierait pas son flacon de Tabasco.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Ainsi tous les dimanches de ses deux ans de solitude montpelli&#233;raine, cet exil&#233; pakistanais se d&#233;lecta de boudin aux deux pommes. Ninette ne lui donnait m&#234;me plus la carte ; elle le gratifiait d'un clin d'&#339;il en posant devant lui sa carafe d'eau, lui lan&#231;ait : &#8220;les deux pommes, comme d'habitude ?&#8221; et le jeune homme rougissaient de recevoir d'une femme un sourire qui lui ferait la semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Depuis le temps, avec l'habitude, une sorte de connivence s'&#233;tablit entre l'&#233;tudiant et la matrone. Lors du dernier d&#233;jeuner de son dernier dimanche &#224; Montpellier, il prit son courage &#224; deux mains pour commencer une conversation en son fran&#231;ais peu &#233;paissi par deux ann&#233;es universitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;- Je vais repartir, dit-il en h&#233;sitant. Mais c'est tellement bon, ces deux pommes ! Je vais regretter. Je voudrais les faire go&#251;ter &#224; ma m&#232;re. La pomme de l'air, je connais. C'est le pommier. Mais l'autre pomme, la noire ?&lt;br class='autobr' /&gt; - Une pomme noire, o&#249; &#231;a ? dit Ninette, &#233;tonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;- Celle l&#224;, dit Iqbal en d&#233;signant le boudin. O&#249; trouver des graines ? Je veux planter le l&#233;gume dans mon jardin de Lahore.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;- &#199;a, c'est pas un l&#233;gume, dit Ninette en riant. C'est du boudin ! &#199;a pousse pas. Vous trouverez pas de graines, d&#233;sol&#233;e ! On fait &#231;a avec&#8230; Attendez, je n'ai jamais vu faire personnellement mais je crois qu'on fait &#231;a avec&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&#192; une table voisine, un client agitait avec impatience une carte bancaire pour montrer qu'il voulait r&#233;gler d'urgence et Ninette en s'excusant mit abruptement fin &#224; son explication.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Boudin ? Boudin&#8230; Qu'est-ce que le boudin ? Pas plus t&#244;t sorti du restaurant, Iqbal se rua sur internet. Il s'agissait d'un peintre normand. Non, il y avait aussi boudin noir, voil&#224; ce qu'il cherchait. Il lut : le boudin noir est fabriqu&#233; &#224; partir du sang de porc !&lt;br class='autobr' /&gt; Du porc ! Du sang ! Depuis deux ans ! Tous les dimanches !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;D&#233;sesp&#233;r&#233;, Iqbal ben Ali eut envie de mourir. Cependant, il oublia cet acte pourtant permis par le livre qui l'encourage chez les kamikazes de la sainte conqu&#234;te. Oui, il eut envie de suicide et cela lui g&#226;cha son bonheur de se retrouver enfin nanti du titre de Docteur en Statistique fiduciaire de l'Universit&#233; Paul Val&#233;ry de Montpellier.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Il se sentait impur. Personne &#224; qui confier son d&#233;sarroi. Cela l'obs&#233;dait. Sa m&#232;re songeait &#224; le marier ; elle renon&#231;a, le voyant si d&#233;rang&#233;. Suite de son s&#233;jour &#233;tranger ? Une affaire inavouable ? Peut-&#234;tre une liaison avec une fille de l&#224;-bas ? Sur le conseil d'une amie, elle l'envoya consulter un Ul&#233;ma de la mosqu&#233;e de Badshahi. Ce sage n'avait plus de dent. Iqbal lui conta ses aventures ; il lui r&#233;v&#233;la l'existence du boudin.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; - Il faut s&#233;parer les questions, dit le saint homme. Voyons le probl&#232;me du porc, tout d'abord. Il est interdit d'en consommer. Viande impure ! Mais quel porc mentionne le livre ? Il me souvient qu'au zoo de Rawalpindi, deux cages pr&#233;sentaient cet animal. Dans l'une, notre porc, le &lt;i&gt;halouf&lt;/i&gt; noir, poilu et repoussant, celui de nos poubelles et de nos merdes, &#233;tiquet&#233; &lt;i&gt;common pig&lt;/i&gt;. L'autre pr&#233;sentait un cochon rose, le &lt;i&gt;german pig&lt;/i&gt;. Rose, dr&#244;le, attendrissant, celui des films am&#233;ricains. On l'engraisse de grains et de pommes de terre. A ton avis, lequel as-tu consomm&#233; du common pig ou du german pig ? &lt;br class='autobr' /&gt; - J'ignore, sage Ul&#233;ma !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;- Mais moi, je le sais, encha&#238;na l'ul&#233;ma, je le sais pour toi ! Il s'agit de german pigs.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;- Ils les &#233;l&#232;vent en secret dit le vieux sage., . Comme nous autres &#233;levons les poulets de batterie. Tu as mang&#233; du seul cochon qu'ils &#233;l&#232;vent en Europe : du cochon allemand, pardi ! Or r&#233;fl&#233;chis : le livre saint peut-il interdire le cochon allemand ? Bien sur que non : question stupide car l'Allemagne existait pas encore. Sans Allemagne, pas de porc allemand ! Le seul porc interdit reste donc le porc noir, abomination. Les autres porcs, pas interdits, sont autoris&#233;s. Le saint livre n'en parle pas ! En cons&#233;quence, aucun souci : Tout va bien. Cesse de culpabiliser !&lt;br class='autobr' /&gt; - H&#233;las, le sang ! dit-Iqbal.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;- J'y viens, dit l'ul&#233;ma. L&#224; encore, &#231;a me para&#238;t un faux probl&#232;me : le livre commande de pas se nourrir du sang des animaux ; oui, le sang v&#233;hicule des humeurs nocives, porte des microbes. Donc saine semble la r&#232;gle hallal : des animaux morts b&#233;nis vid&#233;s de leur sang. Mais cette r&#232;gle vaut-elle toujours ? Non, r&#233;pond la tradition : elle ne s'applique pas aux gibiers abattus &#224; la chasse. Elle ne s'applique pas non plus aux poissons dont le sang r&#233;put&#233; blanc saigne rouge &#224; l'hame&#231;on. Et puis, s'il est d&#233;fendu d'ing&#233;rer le sang, cela conduit-il &#224; refuser la transfusion sanguine ? Non ! Ce qui est interdit par la bouche serait-il permis par intraveineuse ? Il faut donc ajuster tout cela. Les sages en discutent : attendons ! Ils finiront bien par tourner la difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Et l'ancien d'explorer l'interpr&#233;tation de la Parole. Il en ressortit qu'en attendant Iqbal ne devait pas s'inqui&#233;ter. Pour entrer au paradis, il lui serait tenu aucune rigueur de cette nourriture involontaire.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; - Tu l'oublieras toi&#8211;m&#234;me&#8230;Cela vaut mieux, recommanda le sage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis il demanda : &lt;br class='autobr' /&gt; - Etait-ce bon, au moins ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Iqbal ben Ali rougit, h&#233;sita. &lt;br class='autobr' /&gt; - Le go&#251;t du dimanche en France&#8230; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2161 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://robert-vigneau.fr/blog/IMG/jpg/la_confusion_des_sens_-_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L500xH753/la_confusion_des_sens_-_copie-69403.jpg?1769806724' width='500' height='753' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ici finit le trenti&#232;me conte pour les trente siestes du ramadam. Pour en relire une page, cherchez-la en cliquant sur &lt;strong&gt;navigation &lt;/strong&gt; la fen&#234;tre en bas &#224; droite&#8230; Merci !&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Un cr&#226;ne de sir&#232;ne octog&#233;naire</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Vieille caboche pour soupe de cantatrice !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;Contes pour siestes d&#233;votes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3202-23e86.jpg?1769805389' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me dois de porter aux fid&#232;les habitu&#233;s de ce blog l'&#233;tape importante que constitue ce t&#233;moignage du c&#233;l&#232;bre photographe normand Philip Pondh. Voici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;il s'agit d'un cr&#226;ne de sir&#232;ne, d&#233;c&#233;d&#233;e octog&#233;naire comme l'ont r&#233;v&#233;l&#233; les r&#233;centes analyses, mais dont le remarquable &#233;tat de conservation va permettre, n'en doutons pas, &#224; la science capillaire des avanc&#233;es scientifiques de haut calibre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2447 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L500xH453/crane_de_sire_ne_octge_naire_-52cf9.jpg?1769806724' width='500' height='453' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette boite cr&#226;nienne a &#233;t&#233; &#224; peine d&#233;gag&#233;e de son lit de gravier par l'artiste. On voit que l'appareil capillaire s'y m&#233;tamorphose en algue, processus utile &#224; comprendre l'&#233;ventuelle relation entre deux formes de vivants, l'animal et le v&#233;g&#233;tal. Mieux encore ici, le v&#233;g&#233;tal aquatique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En particulier, comment et o&#249; classer l'esp&#232;ce des sir&#232;nes ? S'agit-il d'une esp&#232;ce amphibie comme les batraciens, ou brutalement arboricoles comme les girafes ou les Saints Panz&#233;s ? Mon dieu, que d'histoires &#224; cause de ce fameux soiffard de Litron, non : de Litre Est. Ou Littr&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Il'lettr&#233;, alors ? Ou Cuvier ? Que de pinard en g&#233;n&#233;tique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais confiance &#224; Philip au nom de mare&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; relire, utilement &lt;i&gt;selon le mysticisme qui s'impose&lt;/i&gt;, &lt;a href='http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article2688' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'article correspondant&lt;/a&gt; &#224; ce soir de ramadan&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le divin chatiment !</title>
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		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Bidoche en logo ? Pr&#234;che pour la Toussaint !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;Contes pour siestes d&#233;votes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3186-1e737.jpg?1769805392' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le divin ch&#226;timent&lt;/h2&gt;&lt;p align=justify&gt;Dieu l'unique ne se met jamais en col&#232;re contre les loups ni les requins. Il les a cr&#233;&#233;s carnivores, promis aux meurtres pour survivre. Il n'a donc pas l'incons&#233;quence de leur reprocher de manquer de morale pour des n&#233;cessit&#233;s d'app&#233;tit.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;De m&#234;me il ne manifeste aucune col&#232;re contre virus et microbes, divinement programm&#233;s pour se repa&#238;tre du vivant. Corollairement, h&#233;las ! l'Unique ne porte aucune compassion &#224; la touffe d'herbe, cr&#233;ature de sa main elle aussi, quand les dents implacables du mouton tranchent cette fr&#234;le, cette v&#233;g&#233;tale existence. L'ordre du monde !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Certes, la myxomatose, la rage, la morve, l'aphteuse, l'aviaire, le perdiculin, la tournache, le charbon, le rouget du goret, la clavel&#233;e, l'enc&#233;lopathie spongiforme et autres contagions l&#233;gales, le cr&#233;ateur universel les a-t-il dispos&#233;s pour rabattre le caquet des troupeaux et ch&#226;tier de leurs p&#233;ch&#233;s les esp&#232;ces animales ? Cette hypoth&#232;se-l&#224;, des m&#233;taphysiciens l'ont soulev&#233;e. Mais ces casuistes s'&#233;garaient dans l'animisme, pr&#234;tant de l'&#226;me &#224; des cr&#233;atures qu'on n'a jamais entendues en revendiquer la dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Billeves&#233;e en effet ! Alors, autant pr&#233;tendre que les tremblements de terre, le Tout-Puissant les provoque pour punir le min&#233;ral, carri&#232;res de marbre ou moraines de gravier. Ou qu'Il d&#233;cha&#238;ne les typhons pour corriger les cocotiers ! Et les inondations pour fustiger les fourmis&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conciles de mollahs et autres congr&#232;s de pontifes monoth&#233;istes l'ont &#233;tabli : le seigneur se met en col&#232;re seulement contre le genre humain, esp&#232;ce &#233;lue qu'il a nantie d'&#226;me et cr&#233;&#233;e capable de distinguer le vice et la vertu. Et les textes sacr&#233;s le montrent : les hommes de jadis s'&#233;garaient-ils dans le mal ? Alors contre eux, le tout-puissant d&#233;cha&#238;nait ses m&#233;t&#233;orologies : il te leur exp&#233;diait du d&#233;luge, des feux de Gomorrhe ou des pluies de grenouilles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agissait l&#224; d'antiques punitions. Du barnum.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Les th&#233;ologiens modernes ont abandonn&#233; cette th&#232;se du ch&#226;timent divin sous la forme de catastrophes naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Aujourd'hui, nul ne pr&#233;tend plus que le Manitou organise lui-m&#234;me s&#233;ismes, inondations, s&#233;cheresses, nu&#233;es de sauterelle. Ni r&#233;pand le sida dans les sodomies d&#233;mocratiques. Ces explications datent d'un autre &#226;ge. On les trouve indignes d'un dieu qu'on pr&#233;sente d&#233;sormais juste, sage et bon.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Sage, ce dieu unique ? Oh ! Combien ! Car aujourd'hui ce sage a confi&#233; aux humains le soin de se ch&#226;tier eux-m&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment ? H&#233; ! en leur suscitant des proph&#232;tes, tout bonnement. Le proph&#232;te zigouille pour le bien. Il a le droit divin pour lui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Affaire aussi simple qu'un self-service : sa r&#233;v&#233;lation, tout proph&#232;te la pr&#233;tend d&#233;finitive et absolue. Noir ou blanc. Enfer ou paradis. Le proph&#232;te seul parle pour dieu l'unique. Le proph&#232;te seul annonce la loi supr&#234;me - ce qui lui donne &#233;videmment le droit d'&#233;liminer ti&#232;des et opposants.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Imposer son credo. Conqu&#233;rir les &#226;mes, par le fer et le feu s'il le faut. D&#233;clarer sainte la guerre de religion. Utiliser les prouesses de la technique pour cibler la terreur. Ainsi tout proph&#232;te porte-t-il &#224; merveille la col&#232;re divine : il l&#232;ve des affid&#233;s qui tueront au nom de dieu, bourreaux au masque missionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Ces adeptes radicaux, ap&#244;tres et supp&#244;ts, les journalistes les pointent comme int&#233;gristes. Les journalistes pr&#233;tendent aussi qu'il existe des religieux mod&#233;r&#233;s. Ces journalistes ont mal lu les textes sacr&#233;s qui &#233;tablissent les monoth&#233;ismes : la foi, v&#233;rit&#233; absolue, ne s'accommode d'aucun b&#233;mol. Sans faille, tout fid&#232;le se tient en croisade potentielle. Il le doit. Son apparente mod&#233;ration n'attend qu'un signe z&#233;lateur pour se tourner en pros&#233;lytisme meurtrier. Que la banni&#232;re se hisse, le sang coule.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Ainsi tout proph&#232;te accomplit-il les basses &#339;uvres de la col&#232;re de Dieu contre les hommes. Et la divine providence en garde les mains propres.&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Saint-Si&#232;ge contre le caoutchouc ? </title>
		<link>http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article3112</link>
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		<dc:date>2019-06-15T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Un secr&#232;te affaire d'&#233;tat !&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;Contes pour siestes d&#233;votes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3112-593c5.jpg?1769805391' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La papaut&#233; contre le caoutchouc ?&lt;/h2&gt;&lt;p align=justify&gt;
L'enqu&#234;te qui suit son cours sur le meurtre de Sok Kun, exploitant d'h&#233;v&#233;as dans le district de Pom-Phoutok, vient-elle de prendre un tour d&#233;cisif ? On se souvient (nos pr&#233;c&#233;dentes &#233;ditions) qu'on avait retrouv&#233; ce propri&#233;taire sauvagement saign&#233; au milieu de sa plantation et son cadavre curieusement macul&#233; de latex.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
La police aurait arr&#234;t&#233; l'assassin pr&#233;sum&#233;. Il s'agirait d'un missionnaire catholique d'origine bavaroise mandat&#233; directement par le Saint-Si&#232;ge. Cet abb&#233; Bitzinguer, arriv&#233; au Cambodge depuis trois mois seulement, s'&#233;tait rendu rapidement familier de la maison de Sok Kun. Probablement pour endormir les confiances, ce qui laisse supposer la pr&#233;m&#233;ditation.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Selon des indiscr&#233;tions dignes de foi, l'abb&#233; Bitzinguer aurait avou&#233; avoir &#233;gorg&#233; Sok Kun &#224; l'encocheuse au milieu de la plantation.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; L'encocheuse est cette lame couramment utilis&#233;e pour inciser l'h&#233;v&#233;a. Comme l'instrument, le lieu n'aurait pas &#233;t&#233; choisi au hasard non plus : le meurtrier aurait attir&#233; et immol&#233; sa victime au centre tantrique (virjayanasarmara) de l'exploitation, afin de frapper les esprits d&#233;vots - le but &#233;tant d'effrayer le personnel et de l'amener &#224; fuir l'entreprise, ainsi rendue inop&#233;rante.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Des sources proches de la CIA laissent entendre que ce meurtre fait partie d'un plan d'ensemble ourdi par la papaut&#233; pour &#233;radiquer la production mondiale de latex caoutchoutif&#232;re haut de gamme de type BB69, celui produit pr&#233;cis&#233;ment par la plantation de Sok Kun.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
En effet, le BB69 trouve son utilisation quasi exclusive dans la fabrication des pr&#233;servatifs masculins. Rappelons que l'&#233;glise catholique pr&#244;ne l'abstinence sexuelle et interdit &#224; ses fid&#232;les l'utilisation de tous outils contraceptifs. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autre part, le PDG et des actionnaires notoires de la Soci&#233;t&#233; Ansill&#174;, qui se targue d'&#234;tre leader mondial dans la production des caoutchoucs de protection, auraient re&#231;u r&#233;cemment des menaces de repr&#233;sailles s'ils n'arr&#234;taient pas imm&#233;diatement les cha&#238;nes des usines Condoms Ltd&#174; dont les produits sont distribu&#233;s sous diff&#233;rentes marques dans les pharmacies et les sex-shops.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Ces m&#233;thodes, manifestement emprunt&#233;es &#224; la strat&#233;gie contemporaine des terroristes islamistes, t&#233;moignent-elles d'un complot catholique &#224; l'&#233;chelle mondiale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;v. K.Pot&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
(Cet article du R&#233;v. K.Pot, rinpoch&#233; de la Devada de Prahana (Phnom-Penh) est paru dans le &lt;i&gt;Cambodia Daily News &lt;/i&gt; du 12 juin). &lt;i&gt;Traduction Robert Vigneau. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un mec en location</title>
		<link>http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article3113</link>
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		<dc:date>2019-06-08T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Conte catholique obsc&#232;ne avec mode d'emploi de nuits racistes. D&#233;conseill&#233; aux mineurs.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;Contes pour siestes d&#233;votes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3113-13ea9.jpg?1769805388' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;FONT COLOR=WHITE&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/FONT&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un mec en location&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Bazar de Paris, le service de location des mecs se trouve en sous-sol. Le pr&#233;sentoir &#034;&lt;i&gt;main d'&#339;uvre temporaire&#034;&lt;/i&gt;, ils l'ont mis tout au fond des rayons d'outillages.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Pas commode de l'atteindre, les veilles de ouiquinde. Il faut fendre le troupeau des p&#232;res de famille bricolo, les patrouilles des Casanova des shampouineuses &#224; moquettes, ceux qui roucoulent seulement devant les perceuses-tamponneuses. De quoi te flanquer le cafard aux glandes. La veille du sabbat, ils ne se lavent m&#234;me pas les dents, je te jure ; &#224; eux tous, &#231;a d&#233;gage un faisand&#233; de la semaine que tu serres les cuisses.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Heureusement la main d'&#339;uvre de location, elle, s'embauche sur dossier. On la trouve class&#233;e par profession sur pr&#233;sentoir tournant : menuiserie, plomberie, &#233;lectricit&#233;, peinture etc. &#192; chaque mec correspond une fiche d&#233;taill&#233;e avec photo couleur, pr&#233;nom, &#226;ge, poids, taille, origine ethnique, couleur du cheveu, qualification, tarif horaire et code de r&#233;servation.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Moi, pour le bricolage vraiment priv&#233; que je leur demande, hein, je regarde surtout la gueule et les mensurations. M&#234;me s'il y a des photomatons qui trompent, ce que je mets au compte de la surprise. &lt;br class='autobr' /&gt;
C&#244;t&#233; professionnel, je trouve les peintres plut&#244;t dou&#233;s pour les caresses, l'entra&#238;nement du pinceau, probable. Les &#233;lectriciens me paraissent assez d&#233;licats &#224; titiller le clitoris, la ma&#238;trise du tournevis cruciforme, j'imagine. Mais on ne peut pas &#233;tablir de r&#232;gle. &#199;a d&#233;pend des individus, ce genre de talent intime.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Cette semaine, il avait fait novembre. J'avais dans l'id&#233;e de m'offrir un type exotique. &#199;a tombait bien, rapport choix : on trouve beaucoup d'immigr&#233;s r&#233;cents dans le temporaire de ouiquinde : ils n'ont pas de femme pour les soulager &#224; la maison, vu qu'ils ont m&#234;me pas de maison et urgence de baiser, rapport &#224; la fameuse solitude de la SONACOTRA.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Beaucoup de Maghr&#233;bins, une vraie caravane, la plupart beaux gosses : chair ferme, crin dense, de la poigne. Le charme macho et une odeur plaisante : toujours nickel des pieds et propres des intimit&#233;s, rapport &#224; l'Islam qu'il faut se laver cinq fois par jour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Moi, a*ux athl&#232;tes canon, je pr&#233;f&#232;re les nounours d&#233;j&#224; install&#233;s, les tailles enrob&#233;es et m&#234;me les calvities naissantes : ils baisent alors au meilleur de leur forme, je trouve : ils tiennent le rythme marathon. Plus jeunes, trop coqs, les Arabes ne prennent pas le temps de caresser, ils enfilent en bugatti, ils s&#232;ment pr&#233;coce et m&#234;me s'ils ne d&#233;bandent pas apr&#232;s la d&#233;charge, juste le temps de changer la capote et je te red&#233;marre le sprint, un vagin comme moi, normalement constitu&#233;, n'a pas le souffle &#224; encaisser ces reprises en acc&#233;l&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;En g&#233;n&#233;ral, les Alg&#233;riens offrent un organe fier, nettement dessin&#233; par la circoncision et bien accompli. Souvent m&#234;me trop accompli, en particulier chez les &#233;piciers Mozabites, membr&#233;s jusqu'au monstrueux, je sais de quoi je parle : le calibre d'une aubergine ! Comment t'enfiler une aubergine tout enti&#232;re en bouche, alors ? Il y a des dimensions qui limitent le plaisir. Ils devraient indiquer sur la fiche les mensurations du candidat en &#233;rection, longueur, diam&#232;tre, etc. &#199;a faciliterait le choix. H&#233;las ! Le r&#232;glement l'interdit, rapport aux Droits de l'Homme.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Je feuilletais les &#233;lectriciens lorsque je tombe sur la fiche d'un noir &#224; lunettes, un certain Moussa, un rondouillard d'origine malienne. Des lunettes ! Pas des lunettes de soleil comme les chanteurs rapp &#224; la t&#233;l&#233;, non, de vraies lunettes de myope. J'ai tout de suite clach&#233; ! Connais-tu plus excitant qu'un n&#232;gre &#224; lunettes ? Les myopes, moi, j'adore. Comme ils n'y voient rien, ils t&#226;tent mieux. Ils ouvrent leurs yeux au bout des doigts, ils caressent sublime. Alors, n&#232;gre, en plus !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Je n'ai jamais essay&#233; avec un aveugle. Le top, j'imagine. L'envie ne m'en manque pas. Mais comment s&#233;duire un aveugle ? Et o&#249; le trouver ? On ne peut pas leur faire de l'&#339;il ! Ni d&#233;chiffrer les annonces roses en braille.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;L'ennui avec les Noirs, la photo couleur ne leur rend pas justice. N'emp&#234;che, celui-l&#224;, je le devine app&#233;tissant autour de ses lunettes authentiques. Il d&#233;borde de carrure. Des &#233;paules comme des ailes. J'&#233;value ses mensurations, un m&#232;tre soixante quinze, quatre-vingt douze kilos, du torse &#224; m'envelopper tout enti&#232;re dans sa brousse de bronze rien qu'en croisant les mains sur mes fesses.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Ma foi, je l'ai lou&#233; pour demain samedi, travail de nuit compris. Carte bleue.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Les N&#232;gres, d&#232;s que je pose mon nez sur leur torse, je plonge dans l'Afrique, la savane, la brousse, la for&#234;t. Je me goberge en vacances. Ils fleurent vraiment les tropiques.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;De leur cou, d&#233;rivent les lumineuses effluves des fleuves. Baignade !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&#192; leurs aisselles, tapent les tam-tams profonds des for&#234;ts, les tambours d'au-del&#224; des arbres. Danse !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Sur leur ventre, bondissent les gazelles des palabres, les roulades jaunes des vents de poussi&#232;re. Je ne mens pas ; sur leur ventre bondissent les fum&#233;es des villages au retour des champs. Sommeil, je suis nue de bonheur !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;De leurs genoux, ruissellent des matins &#224; ros&#233;e de velours. &#201;veil languide !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Leurs couilles ? Si la pri&#232;re poss&#232;de une odeur, Grand Dieu, elle refl&#232;te le parfum des couilles n&#232;gres. &#192; les humer, le nez endimanche les sens en paradis tout cru !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Je couche ma joue au bas de son ventre. Les poils cr&#233;pus roulent en grains de sable : je m'&#233;tends sur la plage, j'y ronronne. Il pose sa main sur ma nuque, sa paume de soleil me gorge de lumi&#232;re. Il bande.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;De sa queue, je me caresse les yeux, le front, les cheveux. Je ne connais rien de plus doux que le gland de l'homme sur le plaisir de femme. Je l'estime des l&#232;vres, je l'encercle de ma langue avant de le glisser en bouche. Je l'ajuste aux plaisirs du massage gourmand. Il g&#233;mit quand je suce son esquimau de feu, queue noire et gland rose, fraise et chocolat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>V&#233;g&#233;tarisme et transubstantation</title>
		<link>http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article2353</link>
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		<dc:date>2019-06-01T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Dilemne de s&#339;ur Lagnot, novice.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;Contes pour siestes d&#233;votes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2353-2d930.jpg?1769805390' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;FONT COLOR=WHITE&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;/FONT&gt;
&lt;p&gt;Mon saigneur,&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;S&#339;ur novice, je me trouve vaigettarienne par nature car la viande me d&#233;goute. J'ai jamais pu la valet. Rien que d'y penser la valet me fait veaumire. Le poisson aussi, sait de la viande pareille sauf que sa pousse dans l'eau, je veaumi pareille. Alors je manje que des laigume avec du pain en soupe car le pain sait que du laigume pareil a cauze du blai.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Notre proFesseur du Cataichisme Supairieur, le Paire Bavette, a expliquai que dans la communion y avait la transsubstantiation et la trans sub stanti ation, Vous connaissez ? changement de la substance du pain et du vin en toute la substance du corps et du sang de Jesus-Christ.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;J'en reviens pas. Quoi ? Quand je communie &#224; l'os'tie, je mange un vrai bout de Jesus, sa viande quoi. Quand j'ai su &#231;a, pardonnez-moi, Monsaigneur, j'ai veaumi la sainte os'tie de daigout non pour Jesus que je vainerre mais parce que s'ama des goutais, la viande de la valet, surtou la viande deJesus, une rondelle de son bras ou de son mollet et pourquoi pas de sa zigounette, vu la taille de l'os'tie, de la d&#233;goutassion rapor a la chassetetai surtou pour une vaigettarienne comme votre sairvante. novice dans le Couvent***&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;J'ai veaumi Notre Saigneur, j'ai pas ozai dire mon veaumi au conFessianal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous demande, Monsaigneur Carnasse, primo si sait vrai cette histoire d'os'tie qui tourne en viande &#224; la consaicrassion deuzio si on peut pas faire autrement que de la viande surtout celle de Notre Saigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Je suis praite &#224; ressevoir la sainte communion sous forme de rondelles d'eau nion par exemple, de tranches de concombre cent sel, cent sausse et maime des tchips pourvu qu'on dize pas que sait un morseau de viande surtou selle de Jesus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acceptez mes salutassions sasserdotales. Signai : S&#339;ur Lagnot, converse en tecnique de surface du Couvent ***.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Monseigneur Carnasse, &#233;v&#234;que de *** &#224; la Sup&#233;rieure des *** &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&#8230;re&#231;u une missive de votre converse Lagnot, incapable de p&#233;n&#233;trer les myst&#232;res divins et les dogmes de notre Sainte M&#232;re l'Eglise. &lt;br class='autobr' /&gt; Il convient donc de la dispenser de l'Eucharistie et, plus imp&#233;rativement, de la maintenir dans les ardeurs du noviciat en technique de surface, propre &#224; l'&#233;loigner de toute r&#233;flexion th&#233;ologique hors de sa port&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article2687' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Pour la f&#234;te chez Mansour, comment se farder ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le p&#233;nis sacerdotal</title>
		<link>http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article2351</link>
		<guid isPermaLink="true">http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article2351</guid>
		<dc:date>2019-05-25T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Bient&#244;t, un lingam catholique ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;Contes pour siestes d&#233;votes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2351-20a2a.jpg?1769805390' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il me parait utile d'informer mes fid&#232;les lecteurs des lentes &#233;volutions en cours dans les paroisses, comme en t&#233;moigne cette communication rest&#233;e confidentielle aupr&#232;s des imans autoris&#233;s dans les presbyt&#232;res djihadada ma p'tite Rose !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout d'abord, ce que les mots veulent dire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Lingam&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Lingam&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
synonyme de lingam : godemich&#233;, ithyphalle, p&#233;nis, priape, sexe, verge et&#8230; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;FONT COLOR=WHITE&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/FONT&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Confidential / Kindly for the Vatican Holy Coll&#232;ge only&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chers Brothers Cardinaux,&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Avec cette mode de la parit&#233; en politique ou &#233;conomie, voici que des femmes revendiquent en religion le droit d'acc&#233;der &#224; la pr&#234;trise, charge jusqu'&#224; pr&#233;sent r&#233;serv&#233;e aux hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Dans les si&#232;cles pass&#233;s, la faiblesse des femmes ne faisait aucun doute pour tous, et d'abord pour elles-m&#234;mes. Les grossesses, les allaitements les paralysaient. Celles qui faisaient d&#233;votement v&#339;u de chastet&#233; se retrouvaient impures &#224; chaque tournant de lunaison, renouvelant dans leur ventre la blessure du p&#233;ch&#233; h&#233;rit&#233; d'&#200;ve. Ainsi les &#233;cartait-on ais&#233;ment du Minist&#232;re divin.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
(Remarque : les saignements n'emp&#234;chent nullement la c&#233;l&#233;bration de la Sainte Eucharistie : Saint-Fran&#231;ois d'Assise ou Padre Pio disaient la messe. Mais il s'agissait dans leur cas de pieux stigmates &#224; l'imitation du Christ. Non de sordides menstrues d'entrecuisses, signes de la Faute.)&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Or l'&#233;poque contemporaine &#233;mancipe le sexe f&#233;minin de ses faiblesses naturelles. Malgr&#233; nos condamnations, les femmes parviennent aujourd'hui &#224; une ma&#238;trise de leur corps et &#224; une libert&#233; de leurs actes, qui les placent en &#233;galit&#233; sociale des hommes. Autant dire : en comp&#233;tition.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
(Remarque : des esprits forts pr&#233;tendent m&#234;me qu'en sacerdoce, elles offriraient plus de garanties morales dans la mesure o&#249; elles succombent rarement aux tentations de la p&#233;dophilie si coutumi&#232;re chez les aum&#244;niers. Ou &#231;a s'appelle autrement.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comment d&#233;sormais les &#233;carter du sacerdoce ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Simplement en &#233;tablissant le dogme de l'exclusivit&#233; sacerdotale masculine sur l'existence du p&#233;nis, organe dont par nature les femmes ne disposent jamais. &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'en Droit Canon, seul le p&#233;nis autorise le sacerdoce : d&#233;clarons-le unique organe sacralisant !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
(Remarque : cette proposition ne bouleverse aucunement notre th&#233;ologie. Depuis l'origine, la virilit&#233; conditionne l'Ordination ; des pudeurs qui tiennent &#224; la politesse des si&#232;cles inclinaient &#224; nommer l'&#233;tat plut&#244;t qu'&#224; d&#233;signer l'organe.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il conviendra ensuite d'en tirer les cons&#233;quences liturgiques.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Lors des Offices, en cons&#233;quence, les c&#233;l&#233;brants d&#233;voileront leur virilit&#233; &#224; l'attention des fid&#232;les. Selon quelles dispositions ? Leurs chasubles seront-elles entrouvertes ou bien raccourcies ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; Les &#233;v&#234;ques, ventre nu, enfileront-ils leur bague d'am&#233;thyste &#224; leur membre unique sacr&#233; pour l'offrir aux baisers su&#231;ons des fid&#232;les ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La communion s'administrera-t-elle par fellation ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; Le saint organe servira-t-il de goupillon pour les b&#233;n&#233;dictions d'autant plus naturellement que Dieu en Sa sagesse lui en a donn&#233; la forme et le r&#233;servoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mgr Matecheau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article2680' class=&#034;spip_in&#034;&gt;pour Halima et Nedjma&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi le vin est rouge. </title>
		<link>http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article3111</link>
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		<dc:date>2019-05-18T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;explications sacerdotales !&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;Contes pour siestes d&#233;votes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3111-bf132.jpg?1769805393' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun dieu n'existe : il suffit d'interroger (sur internet, vous y &#234;tes !) la dur&#233;e de vie de la terre, du soleil et autres prodiges de notre cosmologie ; aucune spiritualit&#233; n'y r&#233;siste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 5 milliards d'ann&#233;es d'existence, notre plan&#232;te sera finalement absorb&#233;e par le Soleil, devenu g&#233;ant, qui d&#233;truira toute trace de pr&#233;sence humaine et dispersera mol&#233;cules et atomes de l'ancienne Terre &#224; travers l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui r&#233;duit &#224; de na&#239;fs racontars les messages du charpentier J&#233;sus, du chamelier Mohamed et consorts assassins.&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi le vin est rouge&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que mangeait-on dans l'Arche ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;No&#233; se grattait la t&#234;te. Il avait raisonn&#233; le tigre et l'ours : pas touche &#224; la biche, verboten l'antilope ! Mettez-vous aux poissons, Messieurs les Carnivores : la carpe et le cabillaud ! Sem, Cham et Japheth, les trois fils, debout au bastingage, tiraient des harengs tout frais du d&#233;luge. En souvenir depuis, dans les si&#232;cles des si&#232;cles, tigres et ours se r&#233;galent des saumons des rivi&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
No&#233; se grattait la t&#234;te et le pubis : il nourrissait personnellement puces, poux et morpions, seuls animaux &#224; manger chaud. Mais qu'offrir aux troupeaux v&#233;g&#233;tariens ? Le foin, nul ne l'avait encore invent&#233; dans cette Gen&#232;se sans neige. Amertume ! L'humidit&#233; avait vite pourri la cargaison des feuilles fra&#238;ches du fr&#234;ne, de l'acacia. Lors, ren&#226;claient les herbivores affam&#233;s . &lt;br class='autobr' /&gt;
Silence, la meugle ! Le patriarche mena&#231;a de son b&#226;ton de berger et le b&#233;tail baissa le museau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passe pour le chameau, mis d'office &#224; la di&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Passe pour la vache, pri&#233;e de ruminer sept fois sa liti&#232;re de paille : que cette famine lui serve d'entra&#238;nement pour ses futures g&#233;n&#233;rations de vaches sacr&#233;es errant au long du Gange.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et que l'&#226;ne se contente de l&#233;cher le bois de l'artimon en r&#234;vant aux chardons d'Anatolie !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le cheval, la girafe, l'&#233;l&#233;phant ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Pour eux, No&#233; essaya de remplacer les herbes des p&#226;tures par des algues d&#233;rivantes. Le cheval, fils de Neptune, ne rechigna pas longtemps. Bien oblig&#233; d'avaler ces saloperies fourr&#233;es dans le petit sac qu'on lui avait ficel&#233; sous les naseaux.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Mais &#224; la girafe des savanes, les sargasses arrach&#233;es aux &#233;tendues marines lui inflig&#232;rent un haut-le-c&#339;ur de d&#233;go&#251;t et l'&#233;l&#233;phant, lui aussi, se d&#233;cha&#238;na dans un hoquet si formidable qu'il chavirait l'arche d'un effrayant roulis, penche &#224; b&#226;bord, plonge &#224; tribord. Le b&#226;timent allait sombrer au abysses, les femmes hurlaient, No&#233; p&#226;lit : un hoquet de pachyderme an&#233;antirait-il la Cr&#233;ation ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Bref, il c&#233;da : il glissa une poign&#233;e de seigle dans la trompe &#224; Babar, il promit de lui r&#233;server, &#224; lui seul, les semoules de toute la famille. Aussit&#244;t l'Arche reprit sa tranquille d&#233;rive et les humains comme les autres omnivores, rats ou sangliers, durent se contenter de poissons et de poulpes - et les harems de Sem, de Cham et de Japheth, pench&#233;s sur le chaudron de la tribu, se relayaient devant la bouillabaisse.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Lorsque les eaux se retir&#232;rent, la salade et le chiendent mirent longtemps &#224; reverdir la plan&#232;te. Que manger sinon le sempiternel poisson et des poign&#233;es de coquillages ? No&#233; en attrapa l'urticaire : les articulations enflamm&#233;es et quel prurit, &#224; son &#226;ge ! Il se grattait avec une fureur biblique, lui que puces, poux et morpions avaient maintenant d&#233;sert&#233;. Et Sem, Cham et Japheth, ses trois fils attentifs, avec lui se grattait, d'abord par d&#233;f&#233;rence puis pour se soulager quand l'allergie h&#233;r&#233;ditaire les toucha &#224; leur tour.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Comment calmer ces d&#233;mangeaisons ? No&#233; inventait des tisanes, il essayait des mac&#233;rations, m&#234;me des pourritures fantaisie dont il avalait les &#233;coulements lourds, acides ou r&#233;pugnants. On lui doit ainsi le nu&#246;c m&#224;m, le shoyu et le Fernet-Branca. Aucun ne le gu&#233;rit. Cependant, il trouva un m&#233;dicament qui rendit son &#226;me heureuse : le jus putride du raisin. Cette boisson mettait tournis en t&#234;te. Il la baptisa &#034;vin bourru&#034; : un blanc sec, nerveux, encore trouble et parfum&#233;, aux vertus bien accord&#233;es &#224; la chair blanche des brochets tir&#233;s des eaux vives qui s'&#233;taient remises &#224; courir entre les cuisses des montagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Ce vin translucide, lumineux, fit merveille avec les sardines grill&#233;es et la marinade de maquereaux. D&#233;sormais tant pis pour la gratouille, chacun put s'empiffrer de ces poissons gras qu'on n'avait qu'&#224; cueillir au passage des gulf streams. Le vin accompagnait aussi admirablement les hu&#238;tres casani&#232;res ou la truite au bleu jaillie du fouet des torrents.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Cependant, No&#233; ne connut pas tout d'abord comment r&#233;gler son traitement. Il en exp&#233;rimenta la pr&#233;sentation et la posologie. Comment prendre le vin : en friction ou en sirop ? Quelques gouttes ou des rasades ? Frais, bouillant, chambr&#233; ? Dans ses recherches de laboratoire, il se faisait aider par Cham, le second de ses fils, le plus fragile et le plus diligent, tandis qu'il avait charg&#233; l'a&#238;n&#233;, le vigoureux Sem, de prendre soin des vignes, assist&#233; du petit dernier, ce lambin de Japheth.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Or cette judicieuse r&#233;partition des travaux aiguisa secr&#232;tement la jalousie des deux viticulteurs : &#224; eux, Sem et Japheth, les t&#226;ches p&#233;nibles au loin, la terre basse, le soleil br&#251;lant, la pluie glac&#233;e, les rocailles escarp&#233;es, le h&#226;le dur et sombre du plein air. &#192; Cham, le teint clair et la peau douce &#224; l'ombre de la cave, la complicit&#233; paternelle de tous les instants, la part de gloire.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Un jour de canicule, les recherches pharmaceutiques amen&#232;rent No&#233;, assist&#233; de Cham, &#224; absorber de fortes doses d'&#233;lixir de raisin.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Tous deux connurent alors la premi&#232;re ivresse du monde. Et de l'ivresse, tous deux inaugur&#232;rent les sympt&#244;mes contradictoires : le vieux No&#233; succombant aux propri&#233;t&#233;s narcotiques du vin s'assoupit dans sa barbe tandis que la joyeuse agitation de l'&#233;bri&#233;t&#233; gagnait le jeune Cham : il titubait, claquait des mains, tendait les bras, secouait les pieds, ondulait des genoux, riait pour rien, chantait faux, parlait doux, penchait sur le c&#244;t&#233;, sortait le ventre, rentrait les &#233;paules, applaudissait les nuages, marquait le rythme, soupirait d'aise, d&#233;clamait &#224; tort et &#224; travers, hurlait d'amour, rotait &#224; tous propos, pr&#234;chait les mouches, r&#233;p&#233;tait des v&#233;rit&#233;s incoh&#233;rentes : il inventait la danse ! Les &#233;pouses effray&#233;es coururent au coteau avertir Sem et Japheth : leur fr&#232;re tournait fou, papa sombrait en catalepsie.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Chacun conna&#238;t la suite. Il faisait torride. Endormi en tenue l&#233;g&#232;re, No&#233; se d&#233;nuda en songe. Or, effet du sommeil ou du vin, il bandait. Un &#233;tendard de proph&#232;te, monstrueux, digne de la Gen&#232;se, nou&#233; comme un ceps ancien et flanqu&#233; de ces fabuleuses bourses ant&#233;diluviennes dont le Tout-Puissant honore les patriarches.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Son fils Cham l'aper&#231;ut dans ce triomphant n&#233;glig&#233; et comme l'ivresse r&#233;jouissait Cham de tout spectacle, Cham s'esclaffa au panorama de la constitution paternelle : le Seigneur avait vigoureusement outill&#233; celui qui planterait de sa bite paternelle l'enti&#232;re post&#233;rit&#233; du genre humain renouvel&#233; ! Et dans son ivresse, Cham compara les attributs de son p&#232;re avec son propre calibre et constata que le Seigneur mis&#233;ricordieux avait, en juste h&#233;r&#233;dit&#233;, b&#233;ni &#233;galement le fils en son anatomie. Ce signe redoubla sa joie et comme ses fr&#232;res arrivaient essouffl&#233;s des vignobles, Cham leur clama le joyeux motif de ses &#233;clats de rire. &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, estim&#232;rent aussit&#244;t Sem et Japheth, notre cadet a re&#231;u un s&#233;rieux coup de lune.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Les deux jaloux virent alors l'occasion de ruiner cette faveur qu'&#224; leurs yeux Cham d&#233;tenait injustement aupr&#232;s de leur p&#232;re No&#233;. Ils convoqu&#232;rent le landerneau postdiluvien et devant tous, marchant &#224; reculons pour &#233;viter d'apercevoir la nudit&#233; paternelle, ils couvrirent le vieux sage d'un manteau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un manteau ! Au pic de la canicule ! No&#233; s'&#233;veilla en nage - et la bouche p&#226;teuse de la premi&#232;re gueule de bois du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Bien entendu, on lui narra les infamies de Cham, on ajouta m&#234;me qu'il se moquait de son p&#232;re englouti nu dans le sommeil du vin. Pauvre cadet qui divaguait maintenant du rire larmoyant des ivrognes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, l'injuste fureur enflamma No&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il maudit Cham, il le d&#233;sh&#233;rita sur le champ.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Blanc, le vin qui avait provoqu&#233; un tel forfait ? En expiation, ce fils coupable, il le voua au noir : que Cham paraisse plus noir que jamais le soleil ne pourrait noircir ses fr&#232;res ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi naquit la race noire. Et que ses descendants, condamn&#233;s &#224; la danse et aux ivresses, tirent des cales de la nuit le rire et la musique !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Puis No&#233; regarda le vin bourru, p&#226;le comme un fautif, et le vin se mit &#224; rougir comme un innocent. No&#233; crut alors que le vin prenait la couleur de sa col&#232;re. Mais Sem et Japheth baissait la t&#234;te en silence car ils devinaient obscur&#233;ment que seule leur calomnie avait rendu le vin rouge de honte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article2672' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Youssef r&#233;clame encore de la lecture ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une odeur de saintet&#233; !</title>
		<link>http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article2352</link>
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		<dc:date>2019-05-11T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;parfum de saintet&#233; ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;Contes pour siestes d&#233;votes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2352-4ae1c.jpg?1769805389' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aucun dieu n'existe : il suffit d'interroger (sur internet, vous y &#234;tes !) la dur&#233;e de vie de la terre, du soleil et autres prodiges de notre cosmologie ; aucune spiritualit&#233; n'y r&#233;siste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 5 milliards d'ann&#233;es d'existence, notre plan&#232;te sera finalement absorb&#233;e par le Soleil, devenu g&#233;ant, qui d&#233;truira toute trace de pr&#233;sence humaine et dispersera mol&#233;cules et atomes de l'ancienne Terre &#224; travers l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui r&#233;duit &#224; de na&#239;fs racontars les messages du charpentier J&#233;sus, du chamelier Mohamed et consorts assassins.&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;FONT COLOR=WHITE&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une odeur de saintet&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En pleine repr&#233;sentation sur la sc&#232;ne de l'Alcazar, le p&#233;tomane Ernest entendit l'appel de Dieu. Il y r&#233;pondit imm&#233;diatement. Jamais pri&#232;res ne provoqu&#232;rent tant de rires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dialogue mystique convertit sur le champ les vrais m&#233;lomanes. D&#233;sertant le music-hall, ils se ru&#232;rent vers les &#233;glises voisines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le directeur cong&#233;dia aussit&#244;t cet artiste qui vidait les salles de concert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ernest suivit alors sa vocation : il entra chez les Trappistes. Ces moines soumis au v&#339;u de silence n'ouvrent la bouche que pour chanter complies. Fr&#232;re Ernest m&#234;la son cul-&#224;-pets aux cantiques-&#224;-capella. Il donnait de la voix simultan&#233;ment &#224; ses deux extr&#233;mit&#233;s, ex&#233;cutant &#224; lui seul une double partition pour la plus grande gloire de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce talent singulier enrichit le gr&#233;gorien d'une v&#233;ritable orchestration. Le samedi saint, Fr&#232;re Ernest se gavait d'artichauts primeur. Ce l&#233;gume flatte les flatulences, comme on sait, et fournissait &#224; son interpr&#233;tation de la grand-messe de P&#226;ques une invention, une puissance inou&#239;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On venait de loin &#233;couter le ch&#339;ur abbatial du p&#233;tomane mystique. Il connut la gloire des C.D. dans les bacs Virgin, les cath&#233;drales &#224; guichet ferm&#233;, les tourn&#233;es au Japon, le Carnegie Hall. Pour lui, la ville de Soissons organisa son Festival de Musique sacr&#233;e, aussit&#244;t imit&#233;e par Castelnaudary.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habilement n&#233;goci&#233;, l'art d'Ernest &#233;tablit la sainte fortune du monast&#232;re, d&#233;livrant les convers du commerce des liqueurs et confitures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Vatican, il se murmure que, le temps h&#233;las venu, le p&#233;tomane Ernest de qui &#233;manent tant d'odeurs de saintet&#233;, n'&#233;chappera pas &#224; la canonisation et qu'aux litanies du 12 mai, on invoquera : Saint Ernest, p&#233;tez pour nous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;FONT COLOR = WHITE&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article2665' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Bonne f&#234;te &#224; Youssef et Mona !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La statue au bord du champ</title>
		<link>http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article2688</link>
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		<dc:date>2018-09-23T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Origine, parcours et fin de toute foi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;Contes pour siestes d&#233;votes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2688-e7d65.jpg?1769805392' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA STATUE DE GR&#200;S GRIS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Il &#233;tait une fois dans une &#238;le verte un laboureur du nom d'Ibrahim ben Mohamed. Il sentit le soc buter contre un roc remont&#233; par les orages. Il entreprit d'en d&#233;blayer sa terre. Il le nettoya de la main. Apparut un visage de pierre : il ressemblait &#224; celui de sa pauvre m&#232;re. Il roula cette roche en bordure du champ, il la disposa face &#224; demi enfouie dans la terre afin ne pas attirer les attentions. Il risquait gros. L'imam condamnait la repr&#233;sentation des visages. &lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Ce soir-l&#224;, le journal t&#233;l&#233;vis&#233; montra les attentats de Bagdad. Des foules en col&#232;re incendiaient les boutiques d'alcools. Avec raison. Les d&#233;vots for&#231;aient les vitrines, saccageaient, r&#233;pandaient les flammes, tiraient en l'air des coups de feu, criaient victoire. Des Chr&#233;tiens fuyaient vers l'a&#233;roport.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Plus tard, Ibrahim r&#234;vant, le fant&#244;me de sa m&#232;re apparut ; elle avait un visage gris, le gris du gr&#232;s cach&#233; au bord du champ. Elle voulait parler, mais ses l&#232;vres restaient paralys&#233;es et soudain, ses yeux se mirent &#224; lancer des flammes comme les &#233;clairs des &#233;meutes &#224; la t&#233;l&#233;. Puis le feu de ces yeux envahit le front, les tempes. Sur les joues roulaient des larmes rouges.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Ibrahim se dressa, terrifi&#233;. Il alla &#224; t&#226;tons jusqu'au seau et but un gorg&#233;e d'eau. Que signifiait ce cauchemar ? Que lui disait le spectre de sa m&#232;re ? Il resta les yeux ouverts dans le noir. Maudite statue ! D&#232;s l'aube, il retournerait au champ, avec le pic d'acier il briserait la pierre, il la r&#233;duirait en gravillons qu'il disperserait sur le chemin. Que les chiens errants pi&#233;tinent cette idole de malheur !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Mais lorsqu'il d&#233;terra la sculpture, il commit la maladresse de regarder une fois encore le visage de gr&#232;s. Saisissant ! Il retrouvait vraiment les traits de sa pauvre m&#232;re : m&#234;me sa petite verrue au bord de la narine ! Les l&#232;vres &#233;bauchaient un sourire h&#233;sitant : amertume ou all&#233;gresse ? Et ces yeux b&#233;ants, gris du gr&#232;s, attiraient vers des secrets dangereux. Ibrahim commit un geste de tendresse : sa main effleura la pierre. Il en &#233;manait une insolite finesse ; la ti&#233;deur en demeurait au bout des doigts.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Mais non, il refuserait les mal&#233;fices des djinns ! Il retourna la statue, d&#233;cid&#233; &#224; la briser. Il leva le pic d'acier. Son bras retomba. Paralys&#233;. Quelle invisible compassion d&#233;gageait la statue ? Comme des souvenirs d'amour&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Assis entre les sillons, il posa le poing sur le bloc de gr&#232;s. Cette ancienne divinit&#233; aux traits familiers soulevait l'enchantement. Le dieu unique de l'imam, lui, manquait de visage. Lointain, obscur, inaccessible. Il exigeait des pri&#232;res en une langue inconnue. Un intrus, quoi ! Pourquoi les anciens s'&#233;taient-ils d&#233;tourn&#233;s des idoles natives de bosquets et de rizi&#232;res ? Pourquoi avaient-ils abandonn&#233; leurs d&#233;esses maternelles si aimables &#224; adorer, si pr&#233;sentes &#224; implorer ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Alors dans un &#233;clair, les images des &#233;meutes irakiennes d'hier &#224; la t&#233;l&#233; lui revinrent en m&#233;moire. L'explication se trouvait l&#224; : la violence ! Voil&#224; comment les anc&#234;tres furent convertis ! Par la lame et le feu ! Culte profan&#233;, idoles bris&#233;es, tous agenouill&#233;s de force devant cet invisible du d&#233;sert des conqu&#233;rants. Comme aujourd'hui les Chr&#233;tiens d'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Ibrahim creusa un trou sur le bord de son champ ; il y fit rouler la statue de gr&#232;s qu'il enterra profond&#233;ment. &#192; cet emplacement, il disposa des pierres plates tir&#233;es des labours et au fil des saisons, cela devint bient&#244;t un monticule pyramidal. Parfois il venait y r&#233;pandre un peu de lait. Pourquoi ? Il l'ignorait lui-m&#234;me. Il lui semblait seulement que la statue enfouie lui r&#233;clamait sourdement cette offrande.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Il garda le secret de l'idole. D&#233;sormais, il &#233;vita la mosqu&#233;e. Il marchait au milieu des moissons songeant qu'un jour, le dieu unique de certains Arabes dispara&#238;trait comme tous les autres avant lui et que l'idole aux traits de sa m&#232;re, une g&#233;n&#233;ration &#224; venir la ressusciterait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2169 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://robert-vigneau.fr/blog/IMG/jpg/se_fadou_009_-_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L500xH756/se_fadou_009_-_copie-9bafb.jpg?1769806724' width='500' height='756' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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