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	<title>Robert Vigneau : le blog !</title>
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	<description>Mes coups de coeur et mes coups de sang sur tout et sur rien et r&#233;ciproquement.</description>
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		<title>Robert Vigneau : le blog !</title>
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		<title>Prof !</title>
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		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Confidence d'anniversaire&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;Routes : cartons, carnets&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3370-89c31.jpg?1769805489' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Prof ?&lt;/h2&gt;&lt;p align=justify&gt; Quinze ans apr&#232;s avoir pris ma retraite de professeur de fran&#231;ais, j'ai re&#231;u une lettre d'un ancien &#233;l&#232;ve. Il avait subi mon enseignement voil&#224; presque un demi-si&#232;cle. Partant lui-m&#234;me en pr&#233;retraite, il faisait le point sur sa vie ; il &#233;prouvait le besoin de remercier ce jeune prof qu'il avait senti d&#233;cisif dans sa jeunesse. Il lui fallut retrouver ma trace, si &#233;parpill&#233;e sur la plan&#232;te ; peut-&#234;tre &#233;tais-je mort. Plus tard il me raconta sa qu&#234;te, obstin&#233;e, compliqu&#233;e, men&#233;e sans se d&#233;courager. Ce signe du c&#339;ur, venu d'un homme m&#251;r et engag&#233;, m'a boulevers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; Alors seulement, j'ai r&#233;alis&#233; que mon gagne-pain de professeur de lettres, je n'avais pas &#224; en rougir. Bien plus, ce m&#233;tier m'avait apport&#233; des plaisirs, peut-&#234;tre des bonheurs que je m'aveuglais de ne pas reconna&#238;tre. En joie, il se trouve depuis d'autres anciens &#233;l&#232;ves qui m'ouvrent les yeux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai jamais d&#233;sir&#233; faire prof ; j'ai longtemps subi la honte de l'&#234;tre devenu. Il fallait bien manger et, litt&#233;raire, je ne savais que faire d'autre. Un pis-aller, ce boulot ! D'ailleurs, je ne l'ai exerc&#233; qu'en pointill&#233; : je fuyais les lyc&#233;es d&#232;s qu'on me proposait d'animer des entreprises culturelles &#224; l'&#233;tranger o&#249; j'ai finalement accompli l'essentiel de ma trajectoire. Je ne revenais &#224; ce corps d'origine administratif qu'entre deux affectations lointaines.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; &#192; seize ans, &#224; Vence, Tsio m'avait r&#233;v&#233;l&#233; ma vocation : tailleur de bois. Nous fabriquions des coupes, des chandeliers, des pr&#233;sentoirs en bois d'olivier. Nous unissions les gestes des charpentiers, sabotiers et sculpteurs. Nos &#339;uvres se vendaient aupr&#232;s des touristes. Cuistrement, je signais en latin mes statues du nom de mon ma&#238;tre :&lt;i&gt; Robertus Cancedda fecit&lt;/i&gt;. En automne, quand le touriste se rar&#233;fiait, je retournais &#224; l'Universit&#233; &#8211; puisque je b&#233;n&#233;ficiais toujours de la bourse d'&#233;tudes qui m'avait d&#233;j&#224; permis de mener une scolarit&#233; secondaire. Je passais les certificats sans go&#251;t, sans m'en rendre compte, sans m&#234;me aller prendre connaissance des r&#233;sultats, assur&#233; de prendre la succession de mon Tsio. L'atelier de bois me reviendrait. Je me gavais de mus&#233;es. J'&#233;pluchais les cath&#233;drales. Je ne r&#234;vais que de sculptures. Je tendais fi&#232;rement mes mains fa&#231;onn&#233;es par les outils. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puis Tsio, contraint, fatigu&#233;, ferma notre atelier : les imp&#244;ts &#233;crasaient l'artisan ; les ventes chutaient ; les fabrications industrielles condamnaient d&#233;sormais la taille manuelle. &lt;br class='autobr' /&gt; - Tu ne pourras jamais nourrir une famille dans ces conditions. Fais plut&#244;t professeur !&lt;br class='autobr' /&gt; Tsio r&#234;vait pour moi d'un emploi qui promettait des revenus moins al&#233;atoires. Et m&#234;me des vacances pay&#233;es, la retraite&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; - Professeur ! Nous serons fier de toi ! r&#233;p&#233;tait-il.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans la bouche de ce sage quasi-analphab&#232;te qui m'apprit le meilleur de ce que je suis, ces consolations d&#233;cid&#232;rent de mon gagne-pain.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Je m'y r&#233;signais avec r&#233;pugnance. Je ne gardais que des souvenirs haineux des f&#233;rules subies pendant mes sept ann&#233;es d'internat lyc&#233;en. Je passais le concours de l'ENSET qui m'offrait une pr&#233;paration r&#233;mun&#233;r&#233;e et &#224; l'automne 1956, me retrouvais &#224; Dunkerque, nomm&#233; &#224; l'antipode de ma Provence. &lt;br class='autobr' /&gt;
Autant dire en un barbare pays &#233;tranger &#224; une &#233;poque o&#249; n'existaient en France nulle autoroute ni TGV.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Dunkerque, en Flandre : la reconstruction du port s'achevait mais la ville dressait encore ses ruines de guerre envahie d'herbes, alignait les cloisons goudronn&#233;es des baraquements provisoires.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Ce premier poste, pourquoi ? J'avais demand&#233; une affectation entre Paris et Nice. &#201;tait-ce une punition ? &#192; sa premi&#232;re visite, je posais la question &#224; l'Inspecteur G&#233;n&#233;ral. Il rit. L'ignorais-je ? La r&#232;gle exige qu'un fonctionnaire d&#233;bute au plus loin des siens afin qu'il se consacre enti&#232;rement &#224; son m&#233;tier nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
De plus, j'avais b&#233;n&#233;fici&#233; d'une faveur : seul c&#233;libataire masculin de ma promotion &#224; n'avoir pas &#233;t&#233; exp&#233;di&#233; au-del&#224; de la mer, en cette &lt;i&gt;Alg&#233;rie-c'est-la-France &lt;/i&gt; o&#249; la politique de pacification exigeait un saupoudrage d'enseignants. Ne l'avais-je pas remarqu&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt; - Mais pourquoi diable ce privil&#232;ge ? &lt;br class='autobr' /&gt; - Votre rang au concours de sortie. Excellent !&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai pas os&#233; lui avouer que je l'ignorais. Je n'avais m&#234;me pas lu cette liste.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
C'&#233;tait un Lyc&#233;e Technique de gar&#231;ons, pr&#233;parant &#224; des professions de m&#226;les : chaudronnerie, m&#233;canique, carrosserie, &#233;lectricit&#233; auto&#8230; Les rares filles se cantonnaient dans les sp&#233;cialit&#233;s commerciales, caissi&#232;res&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; Je ne me souviens pas dans le d&#233;tail de mes premiers cours, de mes premi&#232;res classes, de mes premiers &#233;l&#232;ves. Pas plus que de ceux qui ont suivi. Chaque trimestre chasse l'autre. Les visages s'effacent dans cet &#233;trange m&#233;tier o&#249; l'auditoire garde imperturbablement les joues lisses, l'&#339;il p&#233;tillant de jeunesse alors que les ann&#233;es vous rident et blanchissent vos cheveux. &lt;br class='autobr' /&gt;
De toute fa&#231;on, je n'enseignais que les meilleures classes en ce Lyc&#233;e Technique de Dunkerque. Tout d'abord, par privil&#232;ge de titulaire national, auquel le Principal r&#233;servait les sections o&#249; il jugeait moins performants les recrut&#233;s locaux &#8211; et je d&#233;couvris avec &#233;tonnement ces subtilit&#233;s hi&#233;rarchiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, tous les &#233;l&#232;ves du second cycle se trouvaient ambitieux, &#224; cette &#233;poque de plein emploi, o&#249; la scolarit&#233; gratuite obligatoire s'arr&#234;tait &#224; quatorze ans. Au-del&#224; de cet &#226;ge, les lyc&#233;ens se trouvaient donc motiv&#233;s, r&#233;ellement volontaires. Et les auditoires limit&#233;s par les d&#233;bouch&#233;s professionnels. Je n'ai jamais rencontr&#233; le moindre probl&#232;me de discipline. J'en redoutais le bousin. En connaisseur pour avoir multipli&#233; moi-m&#234;me tant d'insolences en mes ann&#233;es lyc&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
S'y ajoutait aussi, je crois, un esprit li&#233; &#224; l'enseignement dit technique : les &#233;l&#232;ves passaient de longues heures aux ateliers, ils se coltinaient avec la t&#244;le ou la machine-outil et cela retentissait dans la r&#233;v&#233;rence qu'ils portaient aux disciplines plus abstraites. Ils exigeaient du s&#233;rieux, du solide. Pour la plupart d'origine modeste, ils montraient beaucoup de respect, et d'abord pour eux-m&#234;mes : certains portaient la cravate ; l'uniforme du jeans n'avait pas tout avachi de son d&#233;contract&#233;. L'&#233;cole repr&#233;sentait une promotion, jamais une contrainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'appris le m&#233;tier sur le tas. Qu'enseigner ? L'&#233;cole qui nous avait longuement pr&#233;par&#233;s n'en parlait jamais. Avec raison : des publications officielles, minces livrets, d&#233;taillent tout cela ; le programme de l'ann&#233;e, les acquisitions successives, la distribution des heures dans la semaine, le rituel des le&#231;ons, la p&#233;riodicit&#233; des devoirs, tout s'y trouve balis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; Il suffit ensuite d'ouvrir le manuel scolaire en usage dans l'&#233;tablissement : il fournit la mati&#232;re, un choix de textes &#224; &#233;tudier accompagn&#233;s des questions qui permettent de les entendre, la progression, les exercices &#224; proposer&#8230; Bref, le gros du travail se trouve m&#226;ch&#233;. Pour les obtus, il existe m&#234;me de confidentiels &#8220; livres du ma&#238;tre&#8221;, vendus sous le manteau, qui dispensent commentaires et corrections.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
En d&#233;finitive, il suffit de s'armer d'un calendrier et de feuilleter le manuel pour tracer pr&#233;cis&#233;ment la navigation d'une classe pour l'ann&#233;e &#224; venir. Je ne sais si mes coll&#232;gues de lettres planifiaient ainsi largement. Pour moi, puisqu'il s'agissait d'appliquer un programme annuel, mon choix de textes, de th&#232;mes, d'acquisitions se trouvait orchestr&#233; d&#232;s la premi&#232;re semaine. N'en est-il pas ainsi pour tout enseignement ? En math&#233;matique, par exemple, les th&#233;or&#232;mes s'encha&#238;nent en n&#233;cessaire progression.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Ainsi l'enti&#232;re partition &#233;tablie, il ne reste plus qu'&#224; l'interpr&#233;ter, l'accomplir, la mettre en orchestre. Le vrai travail du professeur commence. Les &#233;l&#232;ves viennent de s'asseoir dans la classe :&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; - Ouvrez votre livre page 83. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit forc&#233;ment d'une page c&#233;l&#232;bre de notre litt&#233;rature. Mais pour ces jeunes gens &#224; l'or&#233;e de la m&#233;moire, une d&#233;couverte. Chacun est suppos&#233; l'avoir pr&#233;alablement parcourue, pr&#233;par&#233;e &#224; la maison, avoir situ&#233; l'auteur, explor&#233; le texte gr&#226;ce aux questions subsidiaires. Je pourrais leur demander de la lire &#224; voix haute &#224; tour de r&#244;le. Je n'obtiendrai que des &#226;nonnements : rien de moins naturel que de lire ainsi ; la lecture adulte se fait en silence. Au professeur de s'y coller en professionnel : sa mise en voix vaudra d&#233;j&#224; explication du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
L'exemple de Norge, immense po&#232;te, m'a enseign&#233; &#224; dire. Nous &#233;tions voisins &#224; Vence. Il m'aimait bien. Sa femme Denise Perrier r&#233;alisait alors son ample s&#233;rie de portraits de po&#232;tes et me demandait souvent de poser. Je fr&#233;quentais le mas Amadou. Mais il fallait venir avec mes po&#232;mes dans la poche, les lire &#224; ces deux artistes &#224; l'&#233;coute aigue, si exigeants et si simples &#224; la fois. Et si indulgents pour l'apprenti que j'&#233;tais, assis sur le bout des fesses ! Je tremblais. Mais quelle r&#233;compense quand Norge &#224; son tour se d&#233;pliait, ouvrait &#224; sa main un cahier d'&#233;colier et commen&#231;ait &#224; prononcer son po&#232;me de sa voix grave si charnelle. Il avait une fa&#231;on paysanne de lancer les mots, de les &#233;grener, d&#233;tach&#233;s comme des gemmes dans un &#233;crin de silence, ronds, solides, fermes. Les pauses assuraient une scansion pr&#233;cise. &#201;vidence de la po&#233;sie ! Le vocabulaire, si quotidien soit-il, prenait &#224; son &#233;locution une densit&#233; d&#233;finitive, des certitudes de marbre sans &#233;chapper au naturel. L'&#233;motion surgissait. Rien d'&#233;loquent, bien s&#251;r, aucun drap&#233;, nulle emphase ! Jamais la m&#233;lodie fran&#231;aise ne me parut plus belle, plus haute. Je me souviens du soir qu'il lut &lt;i&gt;Fourmi,&lt;/i&gt; que je retrouverai plus tard dans &lt;i&gt;Les Quatre V&#233;rit&#233;s&lt;/i&gt; (Gallimard, 1961)&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Une fourmi&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Fait un trajet&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;De cette branche&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#192; cette pierre,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Une fourmi&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Taille ordinaire &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Sans aucun si-&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Gne distinctif&#8230;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;p align=justify&gt;
Sa diction, ici au d&#233;bit &#224; la fois h&#233;sitant et d&#233;cisif, dessinait l'itin&#233;raire t&#234;tu et saccad&#233;e de la bestiole effar&#233;e porteuse des interrogations du po&#232;te entre &#233;mois et civilisations. Les rythmes vell&#233;itaires de l'insecte exprimaient les stupeurs de l'&#226;me. O&#249; avait-il appris cette ma&#238;trise originale ? Je n'ai jamais os&#233; le lui demander. J'en fis mon bl&#233;. Devant mes classes, ma lecture faisait autorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
L'autre personne qui a influenc&#233; mon enseignement, j'ose &#224; peine l'avouer, ce fut C&#233;lestin Freinet, mais oui, le fameux p&#233;dagogue. Un Ven&#231;ois lui aussi, donc voisin. Je me retrouvais souvent &#224; l'&#233;cole du Piouliet chez sa fille Baloule que l'ami Jacques Bens venait d'&#233;pouser. Nous &#233;ditions avec enthousiasme une fr&#234;le revue de po&#233;sie &lt;i&gt;La Chandelle Verte&lt;/i&gt; sur les presses de l'&#201;cole Moderne. Papa Freinet avait l'&#339;il &#224; tout. Je connaissais son &#339;uvre, ses m&#233;thodes. Lui surveillait vivement le po&#232;te en herbe que j'&#233;tais, de plus petit-fils d'un vieux complice de leurs luttes ouvri&#232;res de leurs vingt ans. Un jour, j'osais parler boutique. S'il avait quelques conseils &#224; m'accorder ? Comment prolonger ses techniques dans le secondaire ? Le couperet tomba :&lt;br class='autobr' /&gt; - Je n'y connais rien. C'est &#224; toi d'inventer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai rien invent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Qu'inventer dans les programmes d'initiation litt&#233;raire ? Le filet du second cycle se trouvait maill&#233; avec trop de fermet&#233;. On s'y trouvait libre d'explorer comme un poisson dans la nasse. Chaque mati&#232;re cloisonn&#233;e. Certes j'ai tent&#233; quelque collaboration avec mon coll&#232;gue le peintre Bessi&#232;re : en arts plastiques, nos &#233;l&#232;ves construisaient des marionnettes pour lesquelles en fran&#231;ais ils imaginaient canevas et dialogues. Ce qu'on appelle aujourd'hui un atelier d'&#233;criture. Nous nous faisions surtout plaisir. P&#233;dagogiquement, l'aventure n'allait pas loin et ne restait possible que dans les classes de seconde sans urgence d'examen.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Surtout, le professorat ne resta jamais pour moi qu'un gagne-pain ; je n'y appliquais aucune passion. Il suffisait de m'organiser ; cet emploi permettait d'exercer par ailleurs mes deux extravagances : la composition de po&#232;mes et l'animation d'une troupe de th&#233;&#226;tre amateur. Pourquoi bousculer programmes ou m&#233;thodes ? Autant m'y couler de la fa&#231;on la plus confortable possible. Et ce confort passe tout d'abord dans le rapport que l'enseignant entretient avec ses &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&#201;videmment, la conduite d'une classe, l'expos&#233; d'une le&#231;on, les mots, les sourires, les r&#233;parties, le contr&#244;le de la vivacit&#233; et jusqu'&#224; la tenue du tableau noir, bref : la mise en &#339;uvre spontan&#233;e, tout refl&#232;te la personnalit&#233; du ma&#238;tre. Chacun agit selon son rayonnement personnel, ce qui ne s'apprend gu&#232;re. Or les &#233;l&#232;ves forment un public f&#233;roce : malheur &#224; l'enseignant qui se pr&#233;sente, br&#233;chet en &#233;trave, avec des pr&#233;tentions de tyranneau ou, pire, en attitude de vaincu, pieds rentr&#233;s, regard fuyant, battu d'avance. Faut-il dompter une classe ? Comment s&#233;duire chaque &#233;l&#232;ve ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
S&#233;duire, &#224; l'&#233;vidence. Or, par nature, dans l'enseignement des Lettres, la relation s'exerce surtout individuellement. Le rituel des devoirs le montre : r&#233;daction, composition fran&#231;aise, dissertation, &#224; tous niveaux l'&#233;l&#232;ve n'&#233;crit son devoir que pour le seul professeur ; cet arbitre sera son unique lecteur. L'&#233;l&#232;ve le sait, pardi. Et quel lecteur ! Un liseur attentif, &#233;pluchant l'orthographe et rougissant les marges de ses appr&#233;ciations. Une autre pratique que la fugace lecture du journal par le p&#232;re de famille ! Et la sanction d'une note qui retentira dans les moyennes, les bulletins, les livrets scolaires, les gloses familiales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
De son c&#244;t&#233;, le professeur passe lui aussi un temps certain &#224; d&#233;chiffrer le devoir de l'&#233;l&#232;ve. Au-del&#224; des lignes, il en &#233;voque le visage sur les bancs attentifs. S'agit-il d'un timide qui n'ose pas lever le doigt en classe ? Ici, il prend toute parole - et c'est lui seul que le professeur &#233;coute en scrutant sa r&#233;daction. Confidentiellement ! Au moment d'&#233;valuer ce travail, puisque une note doit conclure, le professeur ne sera-t-il pas tent&#233; de personnaliser la dose pour encourager ou p&#233;naliser une apparence, une conduite ? Avec le danger de g&#233;n&#233;rer chouchous ou t&#234;tes de turc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
D&#232;s les premiers devoirs que j'eus &#224; parcourir, cette &#233;vidence m'a donc saisi : par le truchement du papier, il s'agit bien d'un t&#234;te &#224; t&#234;te entre le professeur de fran&#231;ais et chacun de ses &#233;l&#232;ves. Une rencontre d'ordre priv&#233;. Je me souviens que je fis alors un simple calcul : si je passe dix minutes sur chaque composition, au bout des six devoirs du trimestre, j'aurais v&#233;cu une heure en t&#234;te &#224; t&#234;te avec cet &#233;l&#232;ve. Dans l'ann&#233;e, trois heures de ma vie. Et combien dans la sienne, lui qui a consacr&#233; plus de dix minutes, certes, &#224; composer son devoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Ce compte d&#233;risoire a influenc&#233; ma strat&#233;gie. Maints coll&#232;gues g&#233;missaient d'un paquet de copies &#224; corriger. Horrible expression ! Je n'ai jamais eu l'impression d'avoir ni paquet ni copies ni la corv&#233;e de corriger. Je voyais plus la pile de devoirs comme du courrier, comme beaucoup de lettres personnelles qui tomberaient soudain ensemble dans ma bo&#238;te et dont nulle ne serait la copie de l'autre&#8230; D'o&#249; l'envie de les lire aussit&#244;t. Qu'auront-ils pens&#233; du sujet que je leur ai propos&#233; ? Que m'ont-ils r&#233;pondu ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Aussi ai-je toujours rendu les devoirs au plus vite. Parfois d&#232;s le lendemain. Le souvenir de leur ex&#233;cution restant encore vif chez les &#233;l&#232;ves, ils profitaient mieux de mon compte-rendu. Peut-&#234;tre aussi, obscur&#233;ment, sentaient-ils que je ne me faisais pas pensum de lire leurs essais. Bref, que leurs efforts int&#233;ressaient leur prof.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Je d&#233;couvris plus tard un autre b&#233;n&#233;fice de cette rapidit&#233; &#224; rendre au plus vite les devoirs : je d&#233;sarmais les retardataires toujours nantis d'une fallacieuse excuse pour arracher un d&#233;lai suppl&#233;mentaire. Mon si prompt compte-rendu les mettait hors-jeu. L'exactitude s'enseigne d'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Tout &#233;l&#232;ve prend &#226;me de disciple, donc : il travaille pour plaire au ma&#238;tre &#8211; encore convient-il que ce dernier se montre avenant. Je l'avance d'exp&#233;rience. En cinqui&#232;me, notre professeur de math se montra si antipathique que je choisis d'&#233;tudier le grec ancien en quatri&#232;me, ce qui me basculait dans la fili&#232;re litt&#233;raire. Mon choix surprit ; on me savait la t&#234;te plus agile dans les &#233;quations qu'en orthographe. Ainsi un ex&#233;crable matheux d&#233;cida-t-il de mon destin de prof de Lettres.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Les &#233;l&#232;ves de mes d&#233;buts, il y a plus d'un demi-si&#232;cle, se pr&#234;taient facilement &#224; l'ascendant de leurs ma&#238;tres : les &#233;crans de t&#233;l&#233;vision n'existaient dans aucune famille. Au fond, hormis la radio, le foot du jeudi et le cin&#233;ma du dimanche, on vivait sous l'empire de l'&#233;crit, comme depuis des si&#232;cles. Je n'imaginais pas, quand il me prenait l'ambition de dupliquer quelque document, maladroit du stencil devant l'engin empestant l'alcool &#224; br&#251;ler, je ne pouvais pas imaginer cette chim&#232;re : une mini imprimante laser command&#233;e par P.C.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;R&#233;trospectivement, j'ai soudain l'impression d'atterrir aujourd'hui dans un univers de science-fiction. Nos &#233;l&#232;ves refl&#233;taient cette soci&#233;t&#233; disparue, franco-fran&#231;aise (aucun enfant issu de l'immigration color&#233;e), hexagonale, immobile d'apparence mais acharn&#233;e &#224; construire&#8230; Chacun aimable &#224; sa fa&#231;on. Les belles-lettres ne constituaient pas leur fort ; on envoyait dans l'Enseignement Technique les &#233;l&#232;ves jug&#233;s m&#233;diocres dans les mati&#232;res g&#233;n&#233;rales. Comment les r&#233;concilier avec le fran&#231;ais ? Ou plut&#244;t : avec le professeur de fran&#231;ais qui affichait en costume crois&#233; un profil de bourreau arm&#233; du couperet des cinq fautes d'orthographe &#233;liminatoires en dict&#233;e et autres g&#233;hennes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Il s'agissait tout d'abord de leur montrer, &#224; ces &#233;l&#232;ves, l'int&#233;r&#234;t personnel que je portais &#224; chacun au-del&#224; de ses prouesses scolaires. Il suffisait d'un peu d'astuce. Ma premi&#232;re ruse, ce fut de souhaiter les anniversaires. Oh ! Rien de flagorneur : d'une fa&#231;on toute p&#233;dagogique.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
J'avais recopi&#233; les dates de naissance dans mon agenda. Ce jour-l&#224;, parmi les &#233;l&#232;ves &#224; noter en le&#231;on, j'interrogeais celui dont tombait l'anniversaire. Savait-il sa r&#233;citation, j'annon&#231;ais hautement qu'il m&#233;ritait telle bonne note mais que je la haussais de quelques points en cadeau d'anniversaire. Ne savait-il pas sa le&#231;on, je d&#233;cidais de ne pas lui infliger la mauvaise note qu'il m&#233;ritait, toujours en cadeau d'anniversaire&#8230; mais tu ne perds rien pour attendre, malheureux. La prochaine fois, h&#233; ! Bien s&#251;r, la prochaine fois, je ne l'interrogeais pas encore mais plusieurs jours apr&#232;s et le voil&#224; contraint &#224; vraiment apprendre ses le&#231;ons pour cueillir la bonne note esp&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; Plus que le bonus, la classe appr&#233;cia le principe ; la premi&#232;re fois que j'utilisais cette astuce, cela surprit : un prof qui connaissait l'anniversaire de chacun de ses &#233;l&#232;ves ! Bien la preuve qu'il s'int&#233;ressait &#224; eux. Il fallait m'attendre &#224; la question :&lt;br class='autobr' /&gt; - Et votre jour anniversaire, M'sieur ? &lt;br class='autobr' /&gt; - Tous les jours de vacances, pardi !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Cette strat&#233;gie d'anniversaire se fonde b&#234;tement sur la fameuse fiche de pr&#233;sentation ; d&#232;s le premier contact, d&#232;s le premier cours toujours un peu solennel car les inconnus se jaugent, le professeur demande &#224; ses nouveaux &#233;l&#232;ves quelques informations. Au d&#233;but, je ne cherchais que des renseignements banals qu'une administration soucieuse d'harmonie pouvait me fournir d'avance. Mais l'usage m'a vite enseign&#233; qu'il convenait de cerner plus avant le profil de chacun. Je commen&#231;ais par &#233;crire mon propre nom en capitales au tableau ; puisqu'ils allaient me donner le leur, ne convenait-il pas que je leur indique le mien, &#224; l'orthographe si mal assur&#233;e par ailleurs ? Je les priais ensuite de plier une feuille et la couper en deux pour obtenir un format de fiche. Au recto, deux parties&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
J'attendais que diminue le bruissement d'origami pour signaler qu'&#224; mon sens, quand on se pr&#233;sente, autant le faire avec &#233;l&#233;gance : ceux qui remettraient une fiche d&#233;penaill&#233;e ne d&#233;siraient pas offrir haute opinion d'eux-m&#234;mes !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; Aussit&#244;t, regain d'origami sonore : les minutieux recommencent ou peaufinent leur d&#233;coupage.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; Diviser donc le recto de la fiche en deux parties.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; Dans la premi&#232;re, se trouvaient les incontournables d'identit&#233; : nom, pr&#233;nom, date et lieu de naissance, adresse, profession des parents. Dans la seconde, leur itin&#233;raire scolaire : classes pr&#233;c&#233;dentes, &#233;tablissements fr&#233;quent&#233;s, langues &#233;trang&#232;res, options &#233;ventuelles, sport d'&#233;quipe &#224; l'&#233;cole. Voire profession envisag&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Je les avertissais que la troisi&#232;me partie &#233;tait plus personnelle ; d'ailleurs, on l'&#233;crirait au verso. Je la tiendrais pour strictement confidentielle et laissais chacun libre de taire les confidences que je sollicitais en toute discr&#233;tion. Handicap peu visible (asthme, lunettes, surdit&#233;) ? Famille &#233;clat&#233;e ? Recompos&#233;e comment ? Composition de la fratrie familiale ? Disposition d'une chambre individuelle ? Moyen de transport et temps pass&#233; pour venir &#224; l'&#233;cole ? Sport pratiqu&#233; en dehors de l'&#233;cole ? Fr&#233;quence des entra&#238;nements ? Une collection ? Une passion particuli&#232;re ? Le livre pr&#233;f&#233;r&#233; ? Le film inoubliable ? Le plus lointain voyage ? Et tout autre trait dont chacun jugerait utile d'informer son professeur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Non seulement jamais nul ne se montra r&#233;ticent &#224; r&#233;v&#233;ler des aspects ext&#233;rieurs au cadre scolaire, mais certains en rajout&#232;rent dans la confidence, comme par soulagement. Ils comprenaient que je me proposais d'enseigner des personnes plut&#244;t qu'une mati&#232;re, des &#233;l&#232;ves plut&#244;t que le fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Je compl&#233;tais ce rituel par un stratag&#232;me de dompteur. J'avais griffonn&#233; un plan de la classe. Pendant que chacun remplissait sa fiche, je passais entre les trav&#233;es, m&#233;morisant subrepticement quelques noms et les situant en douce sur mon croquis. Facile alors, de mon estrade de m'adresser &#224; Vinay, l'inconnu du troisi&#232;me rang &#224; gauche, en le regardant droit dans les yeux, facile de le prier de ramasser les fiches. Comment diable savais-je d&#233;j&#224; son nom ? Nul ne comprenait. Je r&#233;p&#233;tais cette personnalisation avec quelques autres &#233;l&#232;ves &#233;pingl&#233;s ici et l&#224;, laissant imaginer que je connaissais d&#233;j&#224; le nom de tous les visages. Cela troublait, impressionnait, inqui&#233;tait. Ainsi prenais-je d'embl&#233;e le contr&#244;le de cette classe d'inconnus qui ne m'apercevraient gu&#232;re sourire avant que mon emprise soit &#233;tablie.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&#192; la fin de ma carri&#232;re, la mixit&#233; s'&#233;tant impos&#233; dans l'enseignement, j'avais remarqu&#233; que certaines filles h&#233;sitaient &#224; chausser leurs lunettes. J'ai alors appr&#233;ci&#233; de compl&#233;ter cette prise de contact en proposant une jolie page de Jacques Bens, tir&#233; de &lt;i&gt;La Cinquantaine &#224; Saint-Quentin &lt;/i&gt; (Seghers, 1989).&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; - Quel titre donneriez-vous &#224; ce texte, Messin ? &lt;br class='autobr' /&gt; - Les femmes &#224; lunettes, M'sieur ? &lt;br class='autobr' /&gt; - Bien s&#251;r ! Boissier, pouvez-vous en r&#233;sumer l'id&#233;e ? &lt;br class='autobr' /&gt; - L'auteur explique qu'il aime les femmes &#224; lunettes.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; - Pourquoi ? D'o&#249; provient leur charme ? Non, ne levez pas tout de suite le doigt ! Je relis une autre fois. Notez les mots inconnus ou difficiles. Quelles diff&#233;rentes raisons donne-t-il ? N'y voit-il pas quelque danger ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Ainsi de lecture en relectures et de questions pour diriger l'&#233;coute, la classe se familiarisait avec un vocabulaire subtil, un style ais&#233; mais pr&#233;cis, d&#233;finissait un ton, cernait des remarques originales, apprenait l'usage de conclusion en forme de chute. Et quand je parvenais &#224; faire reconstituer, bribe par bribe, quelques-unes de ces phrases m&#233;moris&#233;es d'oreille, alors oui, j'avais gagn&#233; mon nouvel auditoire.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Mais la vraie victoire se r&#233;v&#233;lait au cours suivant : les filles osaient tirer leurs lunettes du cartable. Et je citais de m&#233;moire : &lt;i&gt;il y a dans les regards prot&#233;g&#233;s par des verres, une sorte de profondeur, ou plut&#244;t de distance qui me para&#238;t de nature &#224; faire na&#238;tre la s&#233;duction&lt;/i&gt;. La classe souriait, mesurant sourdement que la litt&#233;rature apprend &#224; voir plus clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, inconnus d'hier, nous nous sentirons aujourd'hui apprivois&#233;s, quand, mon ascendant &#233;tabli sur la meute, je me permettrai la faiblesse d'une pause, je trouverai l'occasion de lancer &#224; la classe, comme en apart&#233;, ce calcul : nous passons ensemble quatre heures par semaine. Dans l'ann&#233;e scolaire de trente semaines, cela donne un total de 120 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
120 heures ? C'est-&#224;-dire cinq fois 24 heures, non-stop, cinq jours pleins, en t&#234;te &#224; t&#234;te. Imaginons d'ajouter &#224; ces cinq jours d'horloge, les douze heures quotidiennes que vous prennent sommeil, repas, r&#234;veries et autres n&#233;cessit&#233;s, notre &#233;change se monte en r&#233;alit&#233; &#224; plus d'une semaine ! H&#233; oui, nous passons ensemble une semaine compl&#232;te. Et quelle semaine ! Une semaine active, aigu&#235;, sans temps mort, une semaine &#224; &#233;tudier, &#224; &#233;changer, &#224; nous frotter les t&#234;tes d'attention soutenue ! Vos parents n'ont certainement pas ma chance. Vous les croisez matin et soir mais dans l'ann&#233;e, avez-vous avec eux un dialogue aussi divers, aussi long et aussi soutenu que le n&#244;tre ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;&#192; mes d&#233;buts dans le professorat, dans les ann&#233;es cinquante, le prof gardait encore figure de notable. Selon son enseignement, il portait costume cravate comme un notaire ou bouse blanche comme le m&#233;decin. Il appelait ses &#233;l&#232;ves par leur patronyme. Moi, je les vouvoyais ; &#224; peine moins jeunes qu'eux, cette courtoisie &#233;tablissait une distance strat&#233;gique : elle les valorisait certes mais en les d&#233;sar&#231;onnant de leur &#233;tat d'enfant qu'on tutoie d'embl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Vingt ans plus tard, quand je revins dans un lyc&#233;e, la mode soixante-huitarde imposait ses convenances. D&#233;contraction du jeans et du blouson. Le tutoiement obligatoire. Entre profs, soit ! Et aussi de prof &#224; &#233;l&#232;ve, tiens ! Mais parfois, je le r&#233;alisais avec effarement, d'&#233;l&#232;ve &#224; prof. On ne s'appelait plus que par le pr&#233;nom. J'arrivais d'une Universit&#233; africaine anglophone britichement guind&#233;e, autant dire de la lune. Je regardais de loin ces fa&#231;ons de sans-culotte et persistais dans mes usages vieille France. Au coll&#232;gue qui me tutoyait d'entr&#233;e, je ne quittais pas le voussoiement pour lui r&#233;pondre. Je n'ai jamais tutoy&#233; un lyc&#233;en. &#192; mes &#233;l&#232;ves je n'apparaissais obstin&#233;ment qu'en costume de c&#233;r&#233;monie, complet /veston /cravate. &#192; ma surprise, au bout de quelques semaines, certains os&#232;rent m'imiter, portant cravate fi&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Je n'ai jamais pu mener un cours assis derri&#232;re un bureau juch&#233; sur une estrade. De toute fa&#231;on, les estrades disparurent bient&#244;t. Je ne m'en rendis pas compte. J'arpentais les trav&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voil&#224; assez, je gage, sur ce jeune prof incertain face &#224; la classe nouvelle que je redoutais de transformer en roquets aussi r&#233;tifs que je le fus moi-m&#234;me en mon temps lyc&#233;en. Comment enseigner le fran&#231;ais, mati&#232;re r&#233;put&#233;e r&#233;barbative dans l'enseignement technique ? Entreprise pulv&#233;rulente ! Litt&#233;rature, grammaire, proc&#233;d&#233;s de l'&#233;crit, expression orale, orthographe, syntaxe, vocabulaire, &#233;locution, connaissances g&#233;n&#233;rales, techniques narratives, apprentissage de la lecture, le prof de fran&#231;ais dispense (saupoudre ?) une multitude de disciplines prot&#233;iformes. Cependant, les directives minist&#233;rielles codifient cette farine et, en d&#233;finitive, la r&#233;duisent &#224; deux ambitions : la lecture et l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Pour la lecture et l'explication de texte, le choix appartient au professeur &#224; l'int&#233;rieur de larges suggestions. J'ai toujours privil&#233;gi&#233; textes et auteurs classiques. Ronsard, Le Cid, Voltaire, Vigny, Verlaine. Si on ne les d&#233;couvre pas &#224; l'&#233;cole, quand les lira-t-on ? Ils font bagages de r&#233;f&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;J'aimais bien la mise en &#339;uvre de ce qu'on appelait l'explication de texte. Bien s&#251;r, je choisissais une page que j'aimais, que je d&#233;sirais faire aimer. Mais l'exploration d'un texte au lyc&#233;e diff&#232;re de l'explication doctorale en amphi universitaire. L'intimit&#233; d'une classe invite &#224; partager la parole ; le prof la suscite, la rend contagieuse, l'oriente. Il tient r&#244;le d'animateur s'il se souvient du Socrate anim&#233; par Platon. Certes, la veille, j'avais pr&#233;par&#233; mon affaire, mais l'exp&#233;rience m'a vite appris &#224; estomper notes et plan. Oui, j avais dispos&#233;s mes strat&#233;gies sur cette fiche ; oui, je tiens la fiche entre les doigts ; pourtant, elle ne me servira qu'&#224; poser les premi&#232;res questions. La suite devient improvisation dirig&#233;e en souplesse. Je pensais &#224; la connivence &#233;ploy&#233;e par les jazz-bands New-Orleans, dont je me droguais alors. J'avais l'impression de me transformer en maestro de la spontan&#233;it&#233;. La d&#233;couverte montait des &#233;l&#232;ves mais j'en &#233;tais l'artiste.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Un sonnet de Du Bellay, quand j'avais conduit la classe &#224; le d&#233;cortiquer puis demand&#233; &#224; chacun de refermer son livre, nous le restituions de m&#233;moire &#224; voix crois&#233;es : cela tenait du jeu. Les &#233;l&#232;ves s'&#233;merveillaient : ils r&#233;citaient par c&#339;ur sans avoir appris. Allons, l'&#233;tat de gr&#226;ce avait eu lieu. J'&#233;tais heureux. Eux aussi !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Au contraire de la lecture, l'apprentissage de l'&#233;criture fait ren&#226;cler. On se trouve sans id&#233;e. On tremble sur des usages, des accords. Cela obligeait &#224; improviser des proc&#233;d&#233;s plus ludiques que p&#233;nalisants. Tr&#232;s vite, j'ai pratiqu&#233; ce que j'appelais la double correction.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
L'orthographe, par exemple, qui semait la terreur et se ch&#226;tiait vigoureusement. On parle toujours de &lt;i&gt;faute&lt;/i&gt; d'orthographe, notion morale &#8211; pourquoi pas de &lt;i&gt;p&#233;ch&#233;&lt;/i&gt; d'orthographe ? &#8211; alors qu'il ne s'agit que d'&#233;tourderie, d'erreur ou d'ignorance. Aussi ne lisais-je les r&#233;dactions qu'en jugeant du fond mais pour le reste je me bornais &#224; souligner les erreurs d'usage (un trait), d'accord (deux traits), de style (trait ondul&#233;). Et je mettais la note en vert provisoire. En effet, au cours suivant, lorsque je rendais les copies, chacun devait corriger au crayon ses erreurs soulign&#233;es : les comprendre avant de les remplacer par l'heureuse tournure. La classe fourbissait alors d'un bouillonnement d'entraide et de comp&#233;tition. Je sanctionnerais ces corrections par la note d&#233;finitive, en rouge, qui haussait, le plus souvent, le vert de la note provisoire. Ce double contr&#244;le me prenait moins de temps que d'&#233;crire dans la marge les formulations convenables &#8211; que les &#233;l&#232;ves ne regarderaient que d'un &#339;il d&#233;coratif.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Sortir du terrorisme de l'orthographe ! Normal de vous tromper, leur r&#233;p&#233;tais-je. Sinon, &#224; quoi je servirai ? H&#233; ! Bienvenues les erreurs, &#231;a vaut du fric : vous venez &#224; l'&#233;cole pour apprendre &#224; les rep&#233;rer donc &#224; les &#233;viter. Gratos !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;D'ailleurs, ici, vous ne recevrez qu'une note comme r&#233;tribution de votre effort - la note, h&#233;las ! La sacro-sainte note, je l'ai parfois maudite, souhaitant que les &#233;l&#232;ves apprennent pour le plaisir ! La note qui, avouez-le, ne p&#232;se que du vent en pouvoir d'achat. Mais elle vous enseigne le prix du travail. Demain, le client, l'employeur retiendra sur votre salaire tr&#233;buchant la monnaie de vos erreurs !&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Pourquoi la marge de correction se situe-t-elle &#224; gauche sur les copies ? Le stylo du prof doit rebrousser en amont de sa lecture pour &#233;crire une appr&#233;ciation. A droite, la marge accompagnerait mieux le mouvement du texte : plus &#233;conome de temps, m&#234;me s'il ne s'agit chaque fois que d'une infime demi-seconde ; multipli&#233;e sur des piles de pages, combien de minutes ? Puisque j'entendais corriger d'urgence afin de rendre les devoirs au plus vite, le taylorisme commandait de d&#233;plier puis retourner les feuilles de copie de telle sorte que la marge se trouve enfin &#224; droite. Cette coquetterie devint ma marque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ma carri&#232;re chaotique, j'eus aussi &#224; enseigner, trop rarement car j'ai aim&#233; cet &#226;ge, des coll&#233;giens ; leur programme les soumet aux dict&#233;es, r&#233;citations, exercices de grammaire.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
La dict&#233;e tomb&#233;e du ciel, contr&#244;lant lors d'un examen les performances de l'&#233;l&#232;ve, dict&#233;e sanction, dict&#233;e pi&#232;ge, m'a toujours paru d'un int&#233;r&#234;t p&#233;dagogique nul. Je lui pr&#233;f&#233;rais la dict&#233;e pr&#233;par&#233;e dont l'usage venait d'appara&#238;tre. La classe examine ouvertement le texte, en r&#233;alise les difficult&#233;s, demande explications, remarque la ponctuation, la m&#233;morise, d&#233;busque les subtilit&#233;s &#8211; et le tableau noir joue alors grand r&#244;le avec le soin de n'y jamais inscrire d'erreur ! Puis la feuille blanche et la dict&#233;e. Il reste des bavures ? C'est que l'explication est mal pass&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Souvent, j'organisais une correction crois&#233;e : les &#233;l&#232;ves &#233;changeaient leur feuille de fa&#231;on al&#233;atoire et chacun devait lire et souligner les erreurs qu'il d&#233;tectait dans un autre devoir que le sien. Jusqu'&#224; la notation qui exigeait qu'on distingue le bar&#232;me de l'usage et celui de l'accord. Ma propre correction ensuite engendrait deux notes pour chacun : celle de la dict&#233;e &#233;crite, celle de la dict&#233;e lue. Ce rite, me semblait-il, faisait plus activement entrer dans cette fichue orthographe devant laquelle tous ne sont pas &#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
J'utilisais semblable fa&#231;on pour rendre moins molle la c&#233;r&#233;monie solitaire de la r&#233;citation. Comment en faire une activit&#233; commune ? D&#232;s la premi&#232;re s&#233;ance, j'amenais la classe &#224; d&#233;terminer comment estimer cette &#233;preuve singuli&#232;re : un &#233;l&#232;ve qui d&#233;bite devant tous les autres un po&#232;me appris par c&#339;ur ! S'agit-il d'&#233;valuer la m&#233;moire seule ? Mais la clart&#233; de la diction, le d&#233;bit, silences et ralentis ? Ou la fa&#231;on de se tenir physiquement debout en posture d'autorit&#233; ? L'interpr&#233;tation enfin, l'&#233;motion traduite et impos&#233;e &#224; l'auditoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Nous d&#233;cidions ainsi d'&#233;valuer la r&#233;citation en quatre quarts &#233;gaux : m&#233;moire, d&#233;bit, attitude, interpr&#233;tation. Et chacun devait ainsi consigner les quatre notes qu'il d&#233;cernait aux cinq ou six interrog&#233;s successifs. Je ramassais ces r&#233;sultats. J'en tirais trois au hasard et, comparant ces appr&#233;ciations, fixait ma note d&#233;finitive qui le plus souvent en rejoignait la moyenne. Ainsi la r&#233;citation concernait la classe enti&#232;re, &#233;veillait un public ; de plus connaissant d&#233;sormais les r&#232;gles du jeu, chacun comprenait comment mener cet exercice de sensibilit&#233; plus que de m&#233;moire m&#233;canique.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Pendant cette &#233;preuve, je me tenais au fond de la classe : cela for&#231;ait l'&#233;l&#232;ve &#224; parler haut. Bien s&#251;r, le premier rang soufflait parfois, bons camarades. Je faisais volontiers celui qui n'entendait pas. Quitte &#224; f&#233;liciter ensuite le b&#233;n&#233;ficiaire d'avoir utilis&#233; l'aubaine avec gr&#226;ce. Au jeu d'apprendre, tricherie a sa place. Je l'accepte avec indulgence depuis que pour une interro d'Histoire aux batailles compliqu&#233;es, je m'&#233;tais fabriqu&#233; de ces billets secrets cach&#233;s dans les manches, qu'on appelait des pompes. &#199;a, j'y avais mis du soin ! Tellement que je n'eus pas &#224; m'en servir : je me souvenais de tout ce que je m'&#233;tais escrim&#233; &#224; recopier en miniature. J'appris ainsi qu'il restait encore plus simple d'apprendre mes le&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'informatique arriva peu avant ma retraite. L'ordinateur, outil bouleversant, je regrette d'en avoir dispos&#233; si tard. Et jamais de l'Internet qui modifie aujourd'hui beaucoup d'approches.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Un modeste PC arm&#233; d'un traitement de texte permet de mettre en &#339;uvre &#233;l&#233;gante (et rapide !) des exercices cibl&#233;s comme ceux que je composais pour mes &#233;tudiants en Travaux Dirig&#233;s &#224; l'Universit&#233;. Ou de disposer pour des lyc&#233;ens d'un contr&#244;le de lecture de fa&#231;on claire et d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Je ne sais si l'informatique changera les m&#233;thodes mais j'ai mesur&#233; qu'elle accro&#238;t les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Un exemple me le fit comprendre : lorsqu'un professeur rend compte d'une dissertation, il applique un certain rituel ; sollicitant la classe, il lui fait imaginer un plan dress&#233; au tableau noir, enrichi de d&#233;tails et d'exemples illustrant chaque partie. Il signale au passage les erreurs commises. Puis il d&#233;clame les meilleurs passages, morceaux de bravoure, de quelques devoirs en &#233;grenant le palmar&#232;s&#8230; Cela reste entre les murs.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Un jour, j'ai eu l'id&#233;e de saisir ces morceaux de bravoure puis de les disposer, de les organiser bout &#224; bout pour obtenir un corrig&#233; mod&#232;le gr&#226;ce &#224; la facilit&#233; du couper-coller informatique ! Bien s&#251;r, ici et l&#224;, j'ajoutais un peu d'huile de mon cru : ces gouttes-l&#224; figurait en italique. Mais enfin, le devoir id&#233;al &#233;manait bien de la douzaine d'&#233;l&#232;ves dont les noms figuraient au bas de la feuille imprim&#233;e que je distribuai &#224; l'issue du cours.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;
Le r&#233;sultat m'enchanta. Cette initiative lan&#231;a une &#233;mulation inattendue : chacun de soigner son prochain devoir dans l'espoir d'entrer dans l'anthologie du corrig&#233;. Je soup&#231;onne qu'ils montraient &#231;a avec fiert&#233; aux parents, impressionn&#233;s de voir leur enfant ainsi distingu&#233; d'une signature noir sur blanc, qui a plus de panache que l'abstrait d'une note.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Y a-t-il une p&#233;dagogie universitaire ? Cela ne m'a jamais souci&#233; ; j'ai surtout travaill&#233; dans des universit&#233; anglophones ; le fran&#231;ais ne s'y enseigne que comme langue &#233;trang&#232;re, mati&#232;re &#224; option et non fondamentale. De plus mes &#233;tudiants poss&#233;daient des comp&#233;tences linguistiques et mon r&#244;le se bornait &#224; les former &#224; devenir eux-m&#234;mes des enseignants pratiques. Par nature donc, les effectifs de mes auditoires se trouvaient r&#233;duits : des fourn&#233;es de quatre &#224; quinze individualit&#233;s ! Leur app&#233;tit d'apprendre, l'isolement sur les campus, en faisait vite des amis ; j'inventais des exercices individuels &#224; la carte. Bien s&#251;r, quelques incontournables conf&#233;rences. Mais puisqu'il s'agissait l&#224; moins de savoir que de savoir-faire, je privil&#233;giais les travaux dirig&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mes souvenirs d'&#233;colier ? &lt;/h2&gt;&lt;p align=justify&gt;
J'essayais de ne conserver aucun vestige de ces m&#233;diocres ann&#233;es de ma scolarit&#233; secondaire (alors payante, sauf pour les boursiers dont j'&#233;tais&#8230;) tout juste aptes &#224; soulever l'ennui et pire, &#224; susciter la moquerie.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt; Leurs interventions &#233;crasaient les heures dans un climat d'hostilit&#233;. La terreur scandait les interminables r&#233;citations de le&#231;ons, corrections d'exercices ; Il nous fallait psalmodier debout en solitaire devant toute la classe des bouquets de th&#233;or&#232;mes, certes, mais aussi des kilom&#232;tres de d&#233;clinaisons, de verbes pr&#233;tendus irr&#233;guliers, de dates, de pr&#233;fectures &#8211; et la plupart du temps le ma&#238;tre gardait l'&#339;il sur le livre pour v&#233;rifier notre r&#233;ponse ; ce geste constituait l'aveu que l'enseignant ma&#238;trisait mal les connaissances qu'il exigeait de ses &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;La p&#233;dagogie restait &#224; na&#238;tre. Nos ma&#238;tres en avaient-ils l'ambition ? Ils se bornaient &#224; remplir les t&#234;tes. On ne devait gu&#232;re leur demander plus. Aujourd'hui, je me demande sur quelles qualifications ils &#233;taient recrut&#233;s ; curieux qu'en sept ans, je n'ai aper&#231;u aucun de ces Inspecteurs G&#233;n&#233;raux cens&#233;s &#233;valuer le travail des professeurs. Ancienne institution des J&#233;suites chass&#233;s de France au d&#233;but du si&#232;cle, notre &#233;tablissement &#233;chappait-il &#224; la r&#232;gle ? Il pr&#233;parait certes au bac mais se d&#233;nommait modestement Coll&#232;ge car en province il n'existait alors qu'un Lyc&#233;e par d&#233;partement, cr&#233;ation napol&#233;onienne, situ&#233; en Pr&#233;fecture. De plus, une administration un peu particuli&#232;re g&#233;rait ce coll&#232;ge public, semble-t-il : par exemple, le principal exploitait l'internat &#224; son compte personnel. En achetait-il le droit de fermage comme le bruit en courait ? Il y en eut un qui engraissait des cochons avec les restes de la cantine. Sa maritorne d'&#233;pouse officiait aux fourneaux. Balzac que je d&#233;couvrais alors ne me parut gu&#232;re exotique.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;M&#233;diocrit&#233; de leur enseignement : aucune flamme, sanctions et pas d'&#233;mulation ; avec le temps je me suis aper&#231;u de leur inculture &#8230; Ils m&#233;ritaient nos chahuts. Le prof de math nous lan&#231;ait les cahiers au visage : il m'a d&#233;cid&#233; &#224; lui pr&#233;f&#233;rer latin grec. Un autre, grammairien, dictait des heures durant, les couilles cal&#233;es sur le coin des pupitres &#224; hauteur de sa braguette. L'angliciste s'endormait au milieu de ses propres phrases. Le moniteur de gymnastique organisait des tricheries pour emporter des matchs interscolaires. Le musicien se rasait le front pour para&#238;tre intelligent. On l'avait vu dans le ruisseau du stade se battre avec le facteur qui lui piquait sa femme. L'antique prof de dessin n'avait pas besoin de surnom : elle s'appelait Mademoiselle Pitre.&lt;/p&gt;
&lt;p align=justify&gt;Seule &#224; &#233;chapper &#224; cette galerie de grotesques, une femme enfin, l'&#233;l&#233;gante Madame Martin enseignait les lettres en seconde. Manifestement parachut&#233;e dans notre sous-pr&#233;fecture, puisqu'elle suivait son mari procureur. Elle irradiait noblesse et culture mais, tenue par les contraintes des familles et emplois du temps, elle resta trop lointaine pour devenir un mod&#232;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#224; mon ami Jean-Pierre Adalb&#233;ron&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cuisine de ha&#239;ku</title>
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		<dc:date>2020-10-07T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Po&#233;sie universitaire pour les nuls&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;Routes : cartons, carnets&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton1936-8d5ac.jpg?1769805486' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Hourrah ! je viens de composer un po&#232;me con'temporain &#224; tiroirs !&lt;/p&gt;
&lt;FONT COLOR=WHITE&gt;
&lt;p&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/FONT &gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce qu'un po&#232;me con'temporain ? Ce sont des mots mis ensemble sans rime ni rythme mais qui ne sont pas en prose laquelle est simplement faite pour expliquer, alourdie de ces ringardises que sont ponctuation et majuscules (sauf &#224; l'initiale parce que tout de m&#234;me).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;FONT COLOR=WHITE&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/FONT &gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a ressemble &#224; de la prose, mais je commence par annoncer qu'en d&#233;pit des apparences il s'agit ici de &lt;i&gt;po&#232;me &lt;/i&gt; en prose et tac ! le premier tour est jou&#233; : i&#233;ssouizounpou&#232;te !&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;FONT COLOR=WHITE&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/FONT &gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, j'en d&#233;gage des &lt;i&gt;tiroirs&lt;/i&gt;. Vous me suivez ? Voici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est ce qu'un po&#232;me &#224; tiroirs ? C'est comme mon exemple va vous le d&#233;montrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Voici le cadre initial de mon po&#232;me 1 :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Po&#232;me proverbial pour amoureux banal :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on aime&lt;br class='autobr' /&gt;
on ne compte pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de ce d&#233;but, je compl&#232;te pour obtenir 2, le &lt;i&gt;tiroir du bourreau banal&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Po&#232;me pour violent conjugal :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on aime&lt;br class='autobr' /&gt;
on ne compte pas&lt;br class='autobr' /&gt;
les coups.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien j'ouvre le&lt;i&gt; tiroir 3&lt;/i&gt;, celui &lt;i&gt;du Casanova&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Po&#232;me pour serial s&#233;ducteur :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on aime&lt;br class='autobr' /&gt;
on ne compte pas&lt;br class='autobr' /&gt;
les coups de foudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voire m&#234;me en nuan&#231;ant juste une dentale, ce&lt;i&gt; po&#232;me libidineux :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Po&#232;me pour un obs&#233;d&#233; :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on aime&lt;br class='autobr' /&gt;
on ne compte pas&lt;br class='autobr' /&gt;
les coups de foutre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez remarqu&#233; que mes pou&#232;mes faisant tous trois vers, au d&#233;dain de la scansion, vieille lune, rien ne m'emp&#234;cherait de les appeler &lt;strong&gt;Ha&#239;ku&lt;/strong&gt; parce que c'est vachement mode, ce japonisme, que le french scholar n&#233;gligeant d&#233;sormais sa propre prosodie, ignore d'autant plus superbement le biscuit impair du rythme nippon et qu'il discute la position/expression du &lt;i&gt;kireji &lt;/i&gt; s'il sait skeu &#231;a veut dire et si vous savez pas, yaca cliquer internet car&#233;pon&#231;atout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu ? A vous de jouer ! Continuez avec : &lt;i&gt;Tant va la cruche &#224; l'eau qu'elle&lt;/i&gt;&#8230; Chiche ! J'attends vos tiroirs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;FONT COLOR=WHITE&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/FONT &gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dimanches</title>
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		<dc:date>2020-09-26T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;des loisirs bien r&#233;gl&#233;s&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;Routes : cartons, carnets&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3246-91e58.jpg?1769805465' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dimanches &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les dimanches de beau temps, apr&#232;s le lunch, ils s'habillaient beau pour la promenade. Elle s'installait sur la banquette arri&#232;re. Il prenait le volant et filait vers le cap o&#249; en marche arri&#232;re il se garait en haut du promontoire, dos tourn&#233; &#224; la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils n'avaient pas un regard pour la baie &#233;blouissante, vue splendide. Ne la connaissaient-ils pas depuis toujours ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;pliait son journal sur le volant, &#233;pluchait les petites annonces pour s'assoupir, la nuque de travers sur le repose-t&#234;te. Elle s'allongeait sur la banquette, un magazine sur le nez. Ils ronflaient. Cela ne s'entendait gu&#232;re car ils prenaient soin de remonter les vitres de la voiture. Ils verrouillaient aussi les porti&#232;res. Leur ronflement accompagnait le souffle rythm&#233; de la mer, tout en bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quand ils s'&#233;veillaient de cette sieste, ils se f&#233;licitaient d'avoir si bien dormi, assomm&#233;s par le bon air du large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils pliaient les journaux et rentraient chez eux avant les &#8220;embouteillages des retours&#8220;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi leurs sorties des dimanches, ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'&#226;ge, ils rest&#232;rent en pantoufles, plus confortables. Qu'avaient-ils besoin de chaussures d&#233;sormais puisqu'ils ne mettaient aucun orteil dehors et que personne ne pouvait leur supposer des pieds ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rengaine</title>
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		<dc:date>2020-09-20T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;La loi du code ! Le code de la loi ! Tuerie &#224; moteur !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;Routes : cartons, carnets&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3247-b4deb.jpg?1769805464' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rengaine &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Dans la ville nous restons,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;nous, les automobilistes&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;consommateurs de cyclistes&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;en abattant les pi&#233;tons &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;qui encombreraient nos pistes&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;en les clouant hors les clous,&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;tralala lal&#232;re itou !&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Inviol&#233; !</title>
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		<dc:date>2020-02-12T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;En justice !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;Routes : cartons, carnets&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3277-2eaa5.jpg?1769805463' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Inviol&#233; !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A qui m'adresser ? O&#249; me plaindre ? O&#249; trouver l'avocat apte &#224; faire condamner la discrimination dont je fus victime en ma jeunesse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici les faits : j'avais dans les 13-15 ans. Agit&#233; d'affligeante adolescence. Tous les grands, tout le monde en mes ans d'internat, tous les adultes m'ont n&#233;glig&#233; ! Dans mon dortoir si distant, je ne r&#234;vais alors que d'un viol, d'un bon simple viol ordinaire de n'importe lequel de mes profs tant admir&#233;s pour leur savoir d&#233;cisif. J'aurais ainsi d&#233;couvert leur odorante nudit&#233;, l'impatience de l'amour et l'insolite des caresses, et quoi faire de ma peau alors offerte si inutilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul ne vint me violer, h&#233;las !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en demeure &#224; jamais humili&#233; et meurtri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout, j'avais l'&#226;ge du viol, comme n'importe quelle championne de patinage&#8230; Si j'examine mes proches anc&#234;tres, toutes mes a&#239;eules se trouv&#232;rent enceintes &#224; peine leur nubilit&#233; atteinte, entre treize et quinze ans. Toutes : aucune exception, j'ai v&#233;rifi&#233; ! Avaient-elles commenc&#233; l'entrainement pouponnier auparavant ? Je l'ignore mais le suppose volontiers. Why not ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pas tellement plus difficile de statuer sur la condition des mecs, &#224; l'aune de celles de ces femmes qui devinrent les leurs - gr&#226;ce au sacrement du mariage institu&#233; en&#8230;1215 (Latran), oui, vous avez bien lu : il y a juste huit si&#232;cles ! Avant, c'&#233;tait brutale copulation, mes ch&#233;ris, douze si&#232;cles de sauvage fornication vous ont engendr&#233;s ! Glorieux ? Sans b&#233;n&#233;diction ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait temps de me rendre justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi avoir sacrifi&#233; ma jeunesse au d&#233;clin de natalit&#233; quand tout portait &#224; la croissance exponentielle ? Pourquoi n'ai-je pas gout&#233; le b&#233;n&#233;fice familier d'un viol ancestral &#224; l'exemple de mes proches anc&#234;tres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rat&#233; le coche ? J'en exige r&#233;paration !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;nubile :&lt;i&gt; qui est en &#226;ge d'&#234;tre mari&#233; ; qui est apte &#224; la reproduction.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;En France, jusqu'&#224; la R&#233;volution, l'&#226;ge nubile &#233;tait de 12 ans pour les filles et de 14 ans pour les gar&#231;ons. (wiki). Du concret ! Et aujourd'hui ? Ils n'ont que l'&#233;cran inodore, masturbation sur vid&#233;o porno, nos ados ! Bravo, les si&#232;cles !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La bougie</title>
		<link>http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article2205</link>
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		<dc:date>2019-11-19T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Confidence involontaire&#8230; Copie de l'article 2205, paru le 20/11/15&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;Routes : cartons, carnets&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2205-950a0.jpg?1769805463' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiens, il y a encore de la lumi&#232;re &#224; l'accueil du &lt;i&gt;Charme d'Orient&lt;/i&gt;, l'&#233;l&#233;gant atelier de beaut&#233; aux douceurs de hammam que vient d'ouvrir ma ch&#232;re Khedidja Zerroug au 18 du Boulevard du Temple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La boutique est d&#233;serte, sauf &lt;i&gt;Yasmina&lt;/i&gt; encore fig&#233;e devant l'ordinateur. Oui, Khedidja c'est son pr&#233;nom joliment sonore mais moi, j'ai le privil&#232;ge d'amiti&#233; de lui donner cet appel de jasmin. Et j'ai soudain besoin de la prendre dans mes bras, d'&#233;changer la joie de sa complicit&#233;. M&#234;me partager nos silences. Notre quartier vient de passer les carnages du Bataclan. Nos solitudes parall&#232;les ne se trompent jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Bonsoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous retrouvons au bord des larmes. Apr&#232;s de telles trag&#233;dies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Mais pourquoi travailler si tard ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Yasmina de m'expliquer que les fusillades de vendredi avaient contraint le &lt;i&gt;Charme d'Orient&lt;/i&gt; &#224; rester ferm&#233; tout le week-end. Maintenant, elle t&#233;l&#233;phonait &#224; ses fid&#232;les pour organiser la r&#233;ouverture&#8230; C'est ainsi qu'elle venait de recevoir la surprenante visite de deux &#233;coli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Surprenante ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Oui, des gamines : pas le genre de notre client&#232;le ! Probablement des sixi&#232;mes du Coll&#232;ge voisin. Deux petites t&#234;tes blondes, sac au dos ! Elles m'ont demand&#233; si je vendais des bougies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Bien s&#251;r !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et je leur ai montr&#233; notre assortiment de bougies aromatiques sur les &#233;tag&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Et combien &#231;a co&#251;te ? demandent-elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - 25 euros. Voyez, le prix est indiqu&#233; sur l'&#233;tiquette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, elles ont sorti chacune leur petit porte-monnaie, l'ont ouvert, ont compt&#233; les pi&#232;ces et puis, avec un grand regret, elles se sont regard&#233;es et ont d&#233;clar&#233; : on n'a pas assez !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors je leur ai demand&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Pourquoi voulez-vous cette bougie ? C'est pour faire un cadeau ? A votre maman ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles se sont &#224; nouveau regard&#233;es, g&#234;n&#233;es. Sur leurs visages je lisais cette insondable d&#233;ception des enfants. Enfin, la moins timide avoua :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - C'est juste pour l'allumer Place de la R&#233;publique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Alors, je vous l'offre ! r&#233;pondis-je spontan&#233;ment. Ou plut&#244;t non : on va s'arranger entre nous. Pour vous mettre &#224; l'aise, vous allez me donner chacune un euro. Un euro symbolique : maintenant, c'est comme si vous l'aviez vraiment pay&#233; ! Quelle bougie choisissez-vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles souriaient, bafouillant des : oh ! Merci, Madame&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je glissais leur bougie dans le sac de caisse. Puis j'ai pos&#233; leurs deux euros sur ma paume droite et je leur demandais de me rendre un service &#224; leur tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Un service ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - Prenez ces deux pi&#232;ces et donnez-les &#224; un SDF de notre part, &#224; toutes trois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1848 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L500xH456/-45-5a072.jpg?1769806699' width='500' height='456' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'interdiction de circuler devant &lt;strong&gt;le Bataclan&lt;/strong&gt; vient d'&#234;tre lev&#233;, ce vendredi 20, jour de pluie. Voici l'immeuble. L'entr&#233;e du th&#233;&#226;tre, le bistrot adjacent, encore cern&#233;s par les automobiles des forces de police, restent cach&#233;s. Mais visible le panneau annon&#231;ant le spectacle de ce terrible vendredi 13, EAGLES de Death Metal, 130 destins fauch&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;( Cet article 2205 du blog &#233;tait paru le 20 novembre 2015 ici-m&#234;me.)&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deuil au drapeau</title>
		<link>http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article2203</link>
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		<dc:date>2019-11-15T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Citoyen&#8230; &lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;Routes : cartons, carnets&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2203-ba087.jpg?1769805490' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Effroyable anniversaire : le 13 novembre 2015 avait lieu &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentats_du_13_novembre_2015_en_France&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'attaque du Bataclan&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1846 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://robert-vigneau.fr/blog/IMG/jpg/-43.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L500xH666/-43-f1d6a.jpg?1769806699' width='500' height='666' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lundi 16 novembre 2015, vers 14h, &lt;/strong&gt; devant l'amoncellement de bouquets et de flammes &#224; la m&#233;moire des victimes du Bataclan, dans les embouteillages au carrefour de la rue Oberkampf et du Boulevard Richard-Lenoir, &lt;a href='http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article2201' class=&#034;spip_in&#034;&gt;(photo d'hier&lt;/a&gt;), ce monsieur dont la gravit&#233; bouleverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Debout ! L'anonymat de sa solitude traduit le recueillement g&#233;n&#233;ral. Il t&#233;moigne de cette dignit&#233; solidaire des Parisiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il porte haut ce drapeau en sa main &#224; la fois vaste et fragile. Au centre du drapeau, au c&#339;ur de son espace blanc, il a &#233;pingl&#233; la fleur noire de notre deuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci !&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Graffitis du Boulevard</title>
		<link>http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article2202</link>
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		<dc:date>2019-11-14T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Triste anniversaire des graffitis du Boulevard Richard-Lenoir&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;Routes : cartons, carnets&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2202-d5a7a.jpg?1769805461' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1845 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L500xH375/-42-07a0f.jpg?1769806699' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'avais photographi&#233; ces graffitis sur le Boulevard Richard-Lenoir l'apr&#232;s- midi du 16 novembre 2015, sous ma fen&#234;tre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;tudiants s'appliquaient &#224; les &#233;crire sur l'asphalte du terre-plein. Ils parlaient chinois, hindi,swahili ou ourdou, d'autres langues inconnues, des inflexions de montagne, des promesses de soleils au loin. Des bouts de po&#232;mes appris &#224; l'&#233;cole !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand vous les d&#233;couvrirez, ces mots crayonn&#233;s n'existeront plus, balay&#233;s par notre beau march&#233; qui va s'installer &#224; l'aurore. Notre quartier vit naturellement dans la joie de sa jeunesse, avec tellement d'enthousiasme que cela nous fait des jaloux jusque chez les imb&#233;ciles du d&#233;sert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les plus nantis achetaient un bouquet, des bougies. Mais les autres ? Cet hommage &#224; Paris en libert&#233;, les anonymes venus se recueillir devant le Bataclan et autres lieux t&#233;moins des meurtres de vendredi dernier, tous l'ont &#233;crit d'ongles et d'amour sur le bitume. Des volontaires mettaient des seaux de craies &#224; leur disposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais autant regrett&#233; d'&#234;tre si pi&#232;tre photographe : j'aurais voulu vous envoyer ces mots du c&#339;ur clam&#233;s dans les alphabets du monde, oui : improvis&#233;s pour dire l'&#233;motion de la plan&#232;te enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2464 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://robert-vigneau.fr/blog/IMG/jpg/ecritures_2_-_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L500xH667/ecritures_2_-_copie-67e51.jpg?1769806699' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Th&#233;&#226;tre du Bataclan</title>
		<link>http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article2201</link>
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		<dc:date>2019-11-13T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le reposoir en mon quartier&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;Routes : cartons, carnets&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2201-baa03.jpg?1769805487' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;FONT COLOR=WHITE&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1844 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L500xH515/-41-b40d0.jpg?1769806699' width='500' height='515' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fleurs devant le Bataclan.&lt;/strong&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'image, entre les deux troncs, on devine le Th&#233;&#226;tre du Bataclan. C'est au loin le b&#226;timent blanc soulign&#233; de rose&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Boulevard Voltaire devant le th&#233;&#226;tre est interdit &#224; toute circulation, ce qui explique l'embouteillage visible sur le Boulevard Richard-Lenoir et les barri&#232;res de limite sur le trottoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'endroit est devenu un reposoir improvis&#233;. Les badauds y viennent silencieusement y poser bouquets et bougies. Ils s'y attardent comme d&#233;sempar&#233;s, jusqu'&#224; figer une petite foule en &#233;motion singuli&#232;re que je m'interdis de photographier, ce lundi 16 novembre apr&#232;s-midi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parvenez-vous &#224; lire les &#233;crits affich&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Bataclan&#8230;</title>
		<link>http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article3200</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;C&#233;l&#233;bration&#8230; &lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;Routes : cartons, carnets&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3200-ba60f.jpg?1769805465' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;FONT COLOR=WHITE&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; .&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/FONT&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Effroyable anniversaire : le 13 novembre 2015 avait lieu &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentats_du_13_novembre_2015_en_France&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'attaque du Bataclan&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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