Qui s’écoute s’entend mal.

samedi 20 août 2011
par  Robert Vigneau
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Qui s’écoute s’entend mal. (encre su papier, 18x27) ©2011

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L’immense Escher raconte :

Une dame me télépone et me dit : "Monsieur Escher, je suis absolument bouleversée par votre œuvre. Dans votre estampe Reptiles, vous avez si bien rendu l’Incarnation !"

Je lui réponds : "Madame, si vous le sentez ainsi, c’est sûrement vrai."

(cité par Bruno Ernst, dans le Monde magique de M.C. Escher, Chêne edit., 1976)

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Cette anecdote pour remercier visiteuses et visiteurs qui me font partager leurs émotions à découvrir mes dessins… 

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Comme cette lectrice qui me confie :

" ….Difference entre écouter et entendre :

Ecouter c’est prêter attention pour.....entendre

Entendre c’est percevoir par le sens de l’ouïe,a aussi le sens de comprendre, d’accepter.

Qui s’ écoute : écoute son "moi" ses peurs, angoisses, émotions, blessure, fragilité,"s’entend mal" ne s’entend pas, ne se déconecte pas de ses problèmes, de son "monde" de souffrance,(se croit toujours victime !....), ne veut pas "entendre" : comprendre. Seul son "moi" existe ; cette lectrice : c’est moi même si l’auteur écrit que "ceci ne concerne aucun des lecteurs de ce blog" (cela fait penser à la fameuse phrase : toute ressemblance avec un personnage de la réalité n’est que pure coincidence).

Mais qui écoute un être en détresse ? " Quelle compassion attendre du désert ?" puisque nous sommes dans un monde de solitude, et même le seigneur ne l’écoute pas, ne l’entend pas. Il y a des jours où je voudrais être amnésique pour ne plus me souvenir de ce douloureux passé sur lequel je veux écrire le mot fin.

Quant à l’anecdote de MR Escher, je souris, je me rappelle celle racontée par un prof ; un jour Paul Valéry assiste à un cours dans un amphi ; où le maître- assistant présente l’un de ses poèmes.Le cours terminé le prof se précipite vers l’auteur :

- Maître ,ai-je fait une bonne analyse ?
- Je ne me souviens pas d’avoir écrit un poème aussi profond !

Il y a ce que l’auteur a écrit et ce que le lecteur veut lire , comprendre.

Il y a l’auteur et les lecteurs,les uns dépendent des autres , bien sur l’analyse sera différente si elle est faite par un psy, un scientifique, un litteraire ou un employé du batiment, l’un voit un point que l’autre n’a pas vu.

De toutes façons le visiteur ou visiteuse en donnant son analyse se livre en partie et partage certains points. Si le visiteur est réceptif à un dessin, c’est qu’il le partage avec l’auteur (j’ai écrit quelquefois : désolée , ce dessin ne m’inspire pas et je n’écris rien). Dans mon commentaire sur Oedipe j’avais évoqué,pour l’enfant, le fantasme de la scène primitive , de l’acte sexuel ; et dans les archives j’ai lu un poème :"Géniteurs " (il y a peu de temps en recherchant l’article du journaliste japonais) :

"Quels jeux en amour goûtaient mes parents ?

L’enfant s’interdit de songer aux gestes

Qui ont initié sa venue au temps.

Cette pensée mène à relent d’inceste."

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Ga

que je remercie vivement pour sa lecture et sa participation.