Céleri-rave et tomates
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A l’ Ober salé, nouveau resto à délices de mon quartier parisien, du céleri-rave rissolé accompagnait les filets de dorade poêlés. Pour moi, la découverte. Encore une finesse de ce jeune chef inspiré mais rigoureux !
À peu près tous les légumes conviennent à la marée. Les poissons, à mon sens, s’accordent mieux aux garnitures qui montrent plus de personnalité que la pomme de terre ou les riz : les saveurs
ostensibles du fenouil, du poireau ou du brocoli par exemple offrent de flatteurs contrepoints aux subtilités du cabillaud et consorts.
Et le céleri-rave alors !
Nous ne dégustons le céleri-rave qu’en sempiternelles rémoulades ou purées. Or, taillé en chips ou en petits dés, il passe volontiers à la poêle. Sans hâte. Le temps de cuire. Du boulot ? Donc à réserver aux dînettes d’amoureux plus qu’aux banquets de famille nombreuse.
Pour éviter de les charger de lipide, je les fatigue d’un début de cuisson au micro-ondes et les fais sauter dans la poêle juste pour les colorer.
Réjouissez-vous : je n’ai pas de photo de cette préparation. Les rissolés se ressemblent tous. Regardez les emballages de surgelés ou mieux cliquez ici.
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Par contre, hier mon copain François D. (il est devenu mon copain parce qu’il est le compagnon de mon ancienne étudiante Claudia C., autant dire comme un gendre) m’a apporté un cageot de tomates, prunes et chasselats dont son jardin déborde ;
François est un zélateur de l’agrinourriture bio et un messie des variétés végétales oubliées. Voici un assortiment de ses tomates en technicolor. Elles déclinent les différents goûts des tomates que je savourais chez mon pépé de Pégomas. Je déguste sans assaisonnement ces douceurs au lointain acidulé. Salivez, jaloux !
Les tomates fillettes, dites cerise, autant de bonbons anglais aux variétés assorties certes au sauvignon mis au frais pour la soif antédînatoire.
Les dames en rouge, marmande, cœur de bœuf, syracuse, sans commentaire : chacun les connaît dans leur présentation calibrée de matrones saveol des étals. Sauf qu’ici, elles pavoisent leur goût et ça devient superlatif en bouche. Dans le jardin de François, sans chimie, instruites du ciel, des pluies et des caresses de papillons, ces classiques restent de taille humble : des demoiselles, des tendrons au cœur sincère qui ne fond pas tout de suite en larmes dans le saladier.
Les dames en orange offrent une pulpe bien pleine, charnue, sucrée, très peu juteuse : elles tiennent fermement la découpe, hé ! hé !
Les dames de couleur verte étonnent le plus : contrairement à l’apparence, ces fruits ont conquis leur maturité, mais ils ont changé en douceur la violence à ne pas rougir. Un régal de miel sur la langue. Elles m’ont paru excellentes à déguster à point, au bon moment ! En effet, le cœur, pourtant bien charpenté et charnu, épanche vite son suc dès qu’il rencontre le couteau. Elle est d’ailleurs sensible, cette verte éphémère, la première à se flétrir. Aucun avenir commercial donc. Comme ma judicieuse Claudia, il ne vous reste, mes chéries, qu’à courtiser un vrai jardinier.
Allez, j’agrandis ma photo de logo aussi lamentable que d’habitude mais ces modèles primeurs sont tellement aimables qu’ils font olivoude sur l’écran, isn’t ?
Pourquoi Marylin ? demande Benoit XVI.
- Hé ! le céleri était l’herbe à Vénus, mon pape.
