Décembre de mes fruits sur l’arbre…

jeudi 5 juillet 2018
par  Robert Vigneau
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Depuis plus de trois décennies, je compose un calendrier de MES boissons ou nourritures pour présenter les vœux de saison aux francophones en mon cœur. Ces douze quatrains, un par mois, célèbrent des émotions, des parentèles ou des événements privés, lointains, disparates, parfois même si personnels qu’ils ont pu sembler obscurs aux récipiendaires.
En contrition, voici quelques précisions ou détails, souvent d’ordre intime ou familial, susceptibles d’éclairer le contexte de ces confidences. Et puis, ça me fait plaisir de raconter ces bribes. Cette fois, il s’agit de mes fruits sur l’arbre, calendrier de maraudes, paru en la fermentation de 1998. La plupart sont situés tant ils renvoient à des souvenirs précis qu’il me suffira donc ici d’évoquer …

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Action de grâce… 

 
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Aurais-je assez remercié
 
Les ancêtres par qui abondent
 
Les fruits que j’ai trouvés au monde
 
En te plantant, mon cerisier ?

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J’ai composé ce quatrain exactement en décembre 1985.

Professeur à Archiac, je vivais seul dans un jolie maisonnette retirée dans les vignes d’Arthenac ( au lieu dit Chez Boisson, ça ne s’invente pas !) et un beau soir, triomphant d’une virée dans une jardinerie de Cognac, je rapportais un arbrisseau de cerisier greffé que j’offris à Monsieur et Madame Garnier, mes aimables propriétaires : accepteraient-ils de l’installer en bordure d’un de leurs vignobles de telle sorte que je l’aperçoive de mes fenêtres ? C’était la bonne saison pour ce genre de plantation. Ensuite, que l’arbre vive sa destiné d’arbre !
Ils trouvèrent l’idée séduisante.

D’ailleurs, ajoutais-je, j’ai toujours planté un arbre dans le jardin des maisons que j’avais louées en divers continents : j’ai trouvé tant de fruits à ma délectation qu’il me parait normal d’en offrir mon écot à ceux qui me succéderont !

Bref, mon cerisier mit sa présence complice dans le paysage. Je le saluais chaque matin pendant toute une année. Je pus ainsi guetter les quatre saisons sur son jeune feuillage puis, partant pour le Japon, je lui dis adieu. Aurait suffi un au-revoir.

En fait, deux ans après, un pot de confitures de cerises m’attendait : les cerises de l’arbre à Robert, comme disait désormais mes anciens propriétaires !
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Dernière (!) heure : il en est des poètes comme des arbres, nos fruitiers :

https://www.la-croix.com/Culture/Deces-Georges-Emmanuel-Clancier-leternel-enfant-2018-07-04-1200952492


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