Les figues : aout de mes fruits sur l’arbre…

jeudi 28 juin 2018
par  Robert Vigneau
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Depuis plus de trois décennies, je compose un calendrier de MES boissons ou nourritures pour présenter les vœux de saison aux francophones en mon cœur. Ces douze quatrains, un par mois, célèbrent des émotions, des parentèles ou des événements privés, lointains, disparates, parfois même si personnels qu’ils ont pu sembler obscurs aux récipiendaires.
En contrition, voici quelques précisions ou détails, souvent d’ordre intime ou familial, susceptibles d’éclairer le contexte de ces confidences. Et puis, ça me fait plaisir de raconter ces bribes. Cette fois, il s’agit de mes fruits sur l’arbre, calendrier de maraudes, paru en la fermentation de 1998. La plupart sont situés tant ils renvoient à des souvenirs précis qu’il me suffira donc ici d’évoquer …

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Lecture dans le figuier

 
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En août dans l’arbre au bord du toit,
 
Fantômas prend le goût des figues
 
Dont le miel empègue mes doigts
 
Collés aux pages de l’intrigue.

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Pégomas, 1947… Cet ample figuier ombrageait le puits chez mon grand-père Félix. J’y prenais mes quartiers d’été : allongé sur une branche moelleuse, les lèvres barbouillées de figues que je dévorais avec le même enthousiasme que les ouvrages puisés dans l’inépuisable bibliothèque de Félix.

Ce dernier avait quitté l’école à dix ans pour gagner son pain comme apprenti forgeron. Pour finir dans les douanes, lui aussi. Cependant, le gout des mots, des livres bouscula sa vie entière. Il m’ouvrit des placards de volumes à explorer et nous deux, étions fameusement complices !

Il s’était spécialisé dans trois abondants domaines : le roman-feuilleton français, les ouvrages techniques d’hypnotisme (y compris animale) et les classiques du communisme bolchevik. J’y devins donc expert - sans trop rien y comprendre. Mais le plaisir, le partage !

Alors, si vous me surprenez à relire du Marx ou du Thorez, ne vous méprenez pas : une saveur de figue fraiche m’agace encore les dents !

Et je reste imbattable pour endormir les leghorns blanches par catalepsie … mais chut !


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