Belleudy

dimanche 10 juin 2018
par  Robert Vigneau
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Est-ce parce que la blonde Annick était d’origine normande que son compagnon le provençal Claude Belleudy l’appelait familièrement "popomme" ? Ou quelque autre circonstance, à moi méconnue, de leur histoire sentimentale ?

Ils furent un couple lumineux en amitié de montagnes, de chevaux, d’accueils à la générosité tous azimuts. Je les ai vus en leurs flammes ; j’affirme que tous les miracles dont sa poésie témoigne, sont exacts.

Puis les ans qui ravirent sa lucidité à Annick mais rien de l’imperturbable amour de Claude jusqu’à l’instant fatal qui le laisse en solitude. Voici :

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Comment pourrais-je tout oublier
si ce n’est dans la mort même,
comment pourrais-je tout oublier,
des sentiers aux nuages,
l’odeur sucrée de la vanille
le souffle du vent, un visage,
comment pourrais-je t’oublier
si ce n’est dans la mort même.
nous nous sommes tant aimé,
dans une boîte d’allumettes,
sur un coton tige, dans l’herbe d’un pré,
dans le silence nacré des coquillages,
pour un sourire, sur le fil d’Ariane de
nos enfantillages, à travers le bleu du ciel,
à manger du miel dans le blanc des nuages,
nous nous sommes tant aimé,
dans le parfum des lavandes, à genoux dans
l’eau claire aux portes des rochers,
sous les cerisiers en fleurs,
dans les bassins d’argiles grise,
à l’ombre des regards
et en pleine lumière de juillet.
Comment pourrais-je t’oublier
si ce n’est dans la mort même.
 
Claude Belleudy

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à propos du peintre Belleudy