riz de janvier

lundi 12 mars 2018
par  Robert Vigneau
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Depuis trois décennies, je compose un calendrier de MES boissons ou nourritures pour présenter les vœux de saison aux francophones en mon cœur. Ces douze quatrains, un par mois, célèbrent des parentèles ou des événements privés, lointains, parfois même si personnels qu’ils ont pu sembler obscurs aux récipiendaires.
Avec ma contrition, voici quelques précisions ou détails, souvent d’ordre intime ou familial, susceptibles d’éclairer le contexte de ces confidences. Et puis, ça me fait plaisir de raconter ces bribes. Cette fois, il s’agit de mes poignées de riz, calendrier paru à l’Avent de 1995.
Un peu compliqué, le riz, puisque les circonstances de la vie m’ont mêlé aux continents asiatique et africain, où cette céréale prend signification autre.

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janvier

Pour nous enchanter en famille
 
Grand-mère Adèle ensorcelait
 
de noire gousse de vanille
 
le blanc du riz au blanc du lait.

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Bien sûr, Adèle était dans son rôle de grand-mère avec cette histoire de riz au lait. Certes, mais avec des nuances fort sensibles dans notre famille nissarte (niçoise, en patois local) : la divergence du riz et de la polenta, deux céréales également "italiennes" mais de statut fort différent.

La culture du riz apparaît timidement dans la plaine du Pô au douzième siècle, en fait tardivement, compte tenu de la longue familiarité de l’antiquité romaine avec l’Orient, deltas du riz.

En Camargue, France, ce sera encore plus tard, au début du vingtième, grâce aux Vietnamiens.

Probablement à cause de son prix, le riz était ressenti chez nous comme un aliment exotique, nourriture de riches, au contraire de la polenta, semoule de maïs popularisée par nos pauvres immigrants Piémontais. Car cette céréale d’origine américaine s’imposa, elle, très vite en Europe, dès le XVIème siècle.

Adèle, la compagne de mon grand-père, était tourangelle ; elle avait vécu et travaillé à Paris. Elle se trouvait plus à l’aise dans le riz bourgeois que dans cette polenta populacière qu’elle avait découverte avec l’amour de mon grand-père. D’ailleurs, à la réflexion, je m’aperçois aujourd’hui seulement qu’elle ne cuisait jamais de polenta ; elle laissait ce soin à mon grand-père comme celui de la fabrication des gnocchis ou raviolis. Il y excellait, d’ailleurs, fruit de ses longues années de veuvage !

Donc, ce riz au lait, en fait un risotto de dessert, sucré et parfumé, rehaussait de son allure aristo notre table prolétaire !

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