chope de juillet

mercredi 14 février 2018
par  Robert Vigneau
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Depuis trois décennies, je compose un calendrier de MES boissons ou nourritures pour présenter mes vœux de saison aux francophones en mon cœur. Ces douze quatrains célèbrent des personnages ou des événements privés, lointains, parfois même si personnels qu’ils ont pu paraitre obscurs aux récipiendaires.
Avec ma contrition, voici quelques précisions ou détails, souvent d’ordre intime ou familial, susceptibles d’éclairer le contexte de ces confidences. Et puis, ça me fait plaisir de raconter ces bribes. Cette fois, il s’agit de mes petits coups de blanc, calendrier paru à l’Avent de 1994.

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Juillet

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Au goulot d’un litre étoilé
 
j’ai bu mon juillet de fugueur,
 
valsais au ciel puis dégueulais
 
les étoiles brûlant mon cœur.

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Explication pour les djeunes puisqu’on ne trouve plus de litres étoilés : ce produit a disparu du paysage. Depuis la vogue des cubitainers ?

Il s’agissait de litres en verre au goulot marqué d’étoiles. Voir le logo. Les magasins consignaient ces verreries, c’est à dire qu’ils vous louaient ces emballages vides, à charge pour vous de les ramener aux magasins où la consigne, le montant de la location, vous était remboursée.

Ainsi se commercialisait subtilement le pinard capsulé, inférieur au grand cru bouché (d’un bouchon !).

Comme il ne s’agissait que de sommes assez dérisoires, beaucoup de poivrots ne prenaient pas soin de se faire rembourser. Mais les vrais pauvres, les fugueurs, les sans-le-sou de vacances clandestines connaissaient la combine, pardi : ils faisaient les poubelles, ramassaient vides les flacons étoilés pour les transformer, pleins, en ivresse nouvelle.

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