Pain de colère en novembre

mercredi 24 janvier 2018
par  Robert Vigneau
popularité : 9%

Depuis trois décennies, je compose un calendrier de MES boissons ou nourritures pour présenter mes vœux de saison aux francophones en mon cœur. Ces quatrains célèbrent des personnages ou des événements privés, lointains, parfois même si personnels qu’ils ont pu paraitre obscurs aux récipiendaires. Qu’ils m’en pardonnent !

Avec ma contrition, voici quelques précisions ou détails, souvent d’ordre intime ou familial, susceptibles d’éclairer le contexte de ces aveux. Et puis, ça me fait plaisir de raconter ces bribes. Cette fois, il s’agit de mes bouchées de pain, calendrier paru à l’orée de 1993.

.

novembre
.
 
Juliette à la joue de mon père
 
Balança le pain du repas
 
Mais lui, dans ce pain de colère,
 
Tartines d’amour nous coupa.

.

.

Oui, une si violente dispute n’arriva qu’une fois, une seule, insolite, dans le couple pourtant si harmonieux de mes parents.

Je ne me souviens pas de leur discussion, de leur différent ; j’étais trop petit pour comprendre. Aucun accent de querelle non plus. Je me souviens seulement du geste de ma mère qui empoigna ce qui était à sa portée sur la table, en l’occurrence un morceau de gros pain et qui le balança au visage de mon père. Il esquiva le coup.

Le bout de pain se retrouva par terre. Papa se leva, le ramassa, l’essuya de sa serviette puis le posa entre les couverts. Et tranquillement le tailla à notre besoin. On n’en menait pas large !

Je ne comprends toujours pas ce qui avait pu arriver.


Brèves

2 septembre 2009 - Limerick, kézako ?

Limerick : forme poétique anglaise humoristique, volontiers salace et souvent absurde.
Sa (...)

31 octobre 2008 - Mirlitons : présentation

Les mirlitons publiés sont actuellement ordonnés en trois rubriques : les septains et les (...)