le sel d’avril

jeudi 9 novembre 2017
par  Robert Vigneau
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Depuis trois décennies, je compose un calendrier de mes boissons ou nourritures pour présenter mes vœux de saison aux francophones en mon cœur.

Ces quatrains célèbrent des personnages ou des événements privés, lointains, parfois même si personnels qu’ils ont pu paraitre obscurs aux récipiendaires. Qu’ils m’en pardonnent !
Avec ma contrition, voici quelques précisions ou détails, souvent d’ordre intime ou familial, susceptibles d’éclairer le contexte de ces aveux. Et puis, ça me fait plaisir de raconter ces bribes. Cette fois, il s’agit de mes pincées de sel, calendrier paru à l’orée de 1991.

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avril
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Le Mahatma sur l’océan
 
ouvrit son poing rempli de sel
 
et cette offrande forte et frêle
 
leva l’ouragan non-violent.

Ce quatrain fait allusion à un épisode familier à tout Indien ou attentif à l’Inde.

La marche du sel s’y déroula du 15 mars au 6 avril 1930.

Gandhi entouré de ses partisans marcha vers la mer, y empoigna du sel et refusa tout impôt grevant ce don gratuit.

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… “Après un parcours à pied de 300 km, Gandhi arrive le 6 avril au bord de l’océan Indien. Il s’avance dans l’eau et recueille dans ses mains un peu de... sel. Par ce geste dérisoire et hautement symbolique, Gandhi encourage ses compatriotes à violer le monopole d’État sur la distribution du sel. Ce monopole obligeait tous les consommateurs indiens, y compris les plus pauvres, à payer un impôt sur le sel et leur interdisait d’en récolter eux-mêmes.” (Hérodote. net)

Ainsi commença la campagne de désobéissance civile qui se prolongea quatre années, affirmant la position gandhienne de non-violence. Cet événement épique constitue la base même de l’indépendance indienne.
Plus de détails ?

Sur la plage, la foule, grossie de plusieurs milliers de sympathisants, imite le Mahatma et remplit des récipients d’eau salée. L’exemple se répand dans tout le pays... À Karachi comme à Bombay, les Indiens font évaporer l’eau et collectent le sel au vu des Anglais. Ces derniers jettent plus de 60 000 contrevenants en prison.

Les Indiens, fidèles aux recommandations de Gandhi, se gardent de résister. Le Mahatma lui-même est arrêté le 4 mai 1930. Ironique, il lance à ses geôliers : « Je vais enfin pouvoir dormir ! » Au bout de neuf mois de ce repos forcé, le vice-roi reconnaît son impuissance à imposer la loi britannique. Il libère tous les prisonniers, y compris le Mahatma, et accorde aux Indiens le droit de collecter eux-mêmes le sel.

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