La seconde épouse de l’épicier…

jeudi 9 août 2018
par  Robert Vigneau
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Où conduit la familiarité avec le couteau égorgeur d’agneau ?


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LA SECONDE ÉPOUSE DE L’ÉPICIER MOZABITE

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Il était une fois une orpheline du nom de Sajida recueillie par une vieille femme dans un bled du Mzab. Lorsque la vieille mourut, son fils éploré revint d’Oyonnax où il faisait épicier arabe et comme Sajida se trouvait désormais seule au monde, il décida de la garder à son service.

Il utilisa donc le moyen le plus expéditif pour la ramener légalement en France : il l’épousa en vitesse devant le cadi ; ainsi l’adolescente se retrouva-t-elle mariée sans cérémonie à Abou ben Abdul, déjà quinquagénaire.

La première nuit qu’ils passèrent ensemble, dans un hôtel d’Alger sur la route de l’aéroport, Sajida découvrit le torse et les cuisses du mâle. Elle n’osait pas regarder. Les poils l’étonnaient. À quoi servait cette toison ? Vraiment, les volontés divines laissent perplexe ! Puis Abou ben Abdul tira de son caleçon une aubergine velue, culbuta l’adolescente sur le lit, lui retroussa les jupons, lui écarta les cuisses. Il toucha du mouillé. Il en retira sa main. Elle était rouge. Sajida avait ses sangs.

Alors le mari la retourna d’un coup, lui fourra son aubergine entre les fesses et se mit à pousser plus avant. Sous la douleur, Sajida hurla, se débattit. Ses gesticulations désarçonnèrent l’aubergine. Une gifle sur la tête la fit taire. Mais comme elle continuait à s’agiter, elle reçut un formidable coup de poing sur la nuque. Assommée, elle s’abandonna. Son cul explosait, déchiré, déchiqueté de douleurs. Maintenant elle saignait par-derrière comme par-devant.

Cette blessure dura jusqu’à l’arrivée à Oyonnax. Là, elle découvrit la neige et la première épouse, du nom de Fatima, lui apprit comment se présenter pour accueillir l’aubergine d’Abou.

Fatima lui enseigna aussi comment gérer la boutique. Le nettoyage à l’aube. Eau de javel. Tu mets des gants caoutchouc. Les réserves dans l’arrière-boutique. Les boites sur les rayonnages. Tu sais pas lire ? Pas compliqué, tu regardes les dessins, les couleurs Trier les tomates. Peser les pommes. Les articles étiquetés, tu tapes le prix sur la calculette. Ça suffit.
Au début, Sajida reconnait seulement les chiffres. Elle apprend vite les mots indispensables au rituel : bonjour, voilà, merci, au revoir, et quand ça se complique : chsuis nouvelle, chsais pas encorrhe.
Dans les bouteilles, il y a de l’huile, du vinaigre et du vin pour Chrétiens. Le vin, ne pas confondre. Oui, on vend chez Abou des boissons interdites par le Prophète. Si un musulman demande du rhum en arabe il faut aussi prendre l’argent et avec le sourire, siouplait !

Sajida apparait toujours la tête ficelée d’un foulard. Elle refuse de montrer ses cheveux. Comme au bled. Abou enrage. Ça déplait aux clients ! dit-il. Le chiffre d’affaires ! Il lui arrache son hijab. Elle se trouve nue devant des inconnus. La honte. Elle court en nouer un autre.
- Je n’veux plus te voir à la boutique avec ça sur le front ! lui crie Abou ben Abdul.

Le lendemain matin, tous les foulards ont disparu de la valise dans sa chambre. Sajida regarde le mari. Il rit. Il les a jetés. Pas la peine de chercher dans les poubelles ! Je sais où… 

Sajida attend qu’Abou ben Abdul s’endorme pour la sieste. Quand elle l’entend ronfler, elle remonte à l’étage, enfile son purdah afghan, prend le couteau à mouton de l’Aïd et à son mari assoupi, elle lui saigne recta la carotide.

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Les arrière-pensées…