L’épicière d’Oyonnax

mercredi 8 août 2018
par  Robert Vigneau
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L’ÉPICIÈRE D’OYONNAX

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Il était une fois un épicier dans la ville d’Oyonnax, département de l’Ain en France, du nom d’Abou ben Abdul.

Il se rendit dans son Mzab natal, Algérie, pour célébrer les funérailles de sa mère et en ramena une seconde épouse. Fatima, sa femme jusqu’alors unique, accepta ce changement avec joie. Son mari, homme plus riche qu’il le laissait paraître, disposerait ainsi d’une assistante gratuite. La nouvelle épouse les soulagerait tous deux dans le commerce.

À Oyonnax, leur boutique rapportait. Des années durant, Fatima avait donné sa part : neige ou canicule, tous les matins, tous les après-midi, jamais un jour de congé. Son mari se réservait le service de nuit. Toutes les nuits. Horaires décalés, complémentaires. Au fond, ils n’avaient guère vécu ensemble. Elle n’avait jamais enfanté. Stérile ? La nouvelle épouse apporterait peut-être un bambin. Fatima, elle, désirait se consacrer surtout aux plaisirs de la cuisine. Les années lui pesaient dans le ventre.

Pas question de partager avec l’autre femme la chambre autrefois conjugale ! ils réorganisèrent donc leur F3 au-dessus du magasin. À chacune des épouses, une pièce. Abou ben Abdul disposerait seulement du divan dans le living à télé.

Fatima changea elle-même la serrure de sa chambre et prit l’habitude de s’y enfermer à clé. Elle feignait d’ignorer quand elle entendait son mari tourner le loquet de sa porte ou l’appeler à mi-voix. Elle n’avait jamais apprécié de se faire enfiler entre les cuisses l’aubergine braquée sous le ventre d’Abou : maintenant, à l’autre, la corvée !

À mesure que la nouvelle épouse s’initiait au magasin, Fatima s’en retirait. Elle se consacrait aux fourneaux, parfois à la tenue des comptes.

Elle adopta un chien. Il dormait dans sa chambre. Elle l’appelait mon bébé. Réprobation du mari et de la coépouse, horrifiés de partager le logis avec une créature animale méprisable. À l’aube, à la nuit tombée, Fatima sortait faire pisser Jésus sur la place de la gare.
Elle sortait sans foulard, comme une Chrétienne. Juste une résille pour tenir ses longs cheveux. Des passants parfois l’abordaient. Elle les éloignait avec une fermeté apprise avec les clients de la boutique. Secrètement flattée cependant…

Dans sa chambre, elle se mettait nue, prenait son bébé sur ses genoux. Elle lui apprit à lui lécher les seins en se les frottant avec une tranche de jambon. Hé oui, alouf, du jambon impur ! Le sexe du chien s’allongeait, brillant et rose comme un bijou de jambon justement. Elle ouvrit les cuisses. Le chien trouva où saillir.

Ainsi Fatima connut son premier orgasme.

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