Tartiflette pour Joji Nozawa

vendredi 9 mars 2018
par  Robert Vigneau
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Tiens, si je faisais une tartiflette ? Ça ferait peut-être revenir quelques jours à Paris mon copain Joji-san ! Alors je reprends simplement ma recette parue en décembre 2012. Chiche ?

Je me trouve héritier d’un somptueux fromage de la déclinaison des Mont d’Or - mais celui-ci, à l’image de mon adolescence : produit par la fruitière les Monts de Joux, large, crémeux, pégueux (collant) de tendresse, toute une histoire ; et je n’ai pas encore osé y planter ma cuillère tant ses dimensions sanglées d’épicéa rebutent le gourmand solitaire. Or il devient urgent de le partager car voilà qu’arrive à expiration son sacro-saint délai de consommation.


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TARTIFLETTE ENTRE COPAINS

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Par bonheur, l‘ami Joji Nozawa s’annonce de Tokyo. Il vient éditer en français (!) sa thèse sur l’Histoire des vins, présentée en Sorbonne.

Comment les vins ont-ils forgé l’Histoire des continents ? Rien que le sujet de ce friand doctorat suppose une fine gueule, n’est-ce pas ? – et comme tous les Japonais, Joji-san apprécie nos beaux fromages, si luxueux là bas, et tient nos pommes de terre pour les plus savoureuses. D’ailleurs il les appelle, par compliment, non pas pommes de terre mais pommes de terroir, c’est dire !

La tartiflette me paraît donc judicieuse pour l’accueillir.

J’en demande pardon à mon cher reblochon, mais ce vacherin des Monts de Joux n’en peut plus d’attendre : il exige d’être consommé immédiatement. Certes il a moins de tenue, il est même devenu comme alangui et pour éviter la surabondance de gras qu’il promet, ma foi, je vais cuire les pommes de terroir tout simplement à l’eau plutôt que sautées à la poêle comme on le fait souvent. D’où ma recette.

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Il vous faudra pour trois, quatre convives,

• un petit kilo de pommes de terre épluchées,

• 200 gr de lardons allumettes nature,

• un oignon émincé,

• my famous vacherin des Mont de Joux ( tout autre fera autant bonheur),

• un peu d’huile pour frire l’oignon, une belle gousse d’ail pour frotter le plat à enfourner, du poivre si vous voulez, pas de sel because fromage et lardons déjà salés.

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Action !

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• Cuisez à l’eau les pommes de terre détaillées en gros morceaux, videz l’eau bouillante quand elles sont moelleuses et laisser-les refroidir à leur gré.

• Faites fondre l’émincé d’oignon dans un poêle huilée.

• Préchauffez votre four à 200 degrés.

• Coupez quelques rondelles de pommes de terre cuite à l’eau puis le reste en morceaux pas trop fins.

• Badigeonnez d’ail le plat du four [1] et disposez un lit de rondelles de pommes de terre.

• Dans l’oignon enfin rissolé, ajoutez les autres morceaux de pommes de terre, les lardons allumettes, mélangez le tout pour le versez dans le plat du four, sur les rondelles…

• Couronnez l’ensemble de notre glorieux fromage, coupé transversalement en deux, croûte vers les pommes de terroir.

• Enfournez vingt minutes à 200 °.

• La tartiflette ainsi obtenue semble plus liquide que la classique mais ce n’est qu’illusion : elle se tient fort bien en fourchette avant de fondre en bouche.

• Posez le plat du gratin sur la table, en contrepoint d’une salade verte et d’un Apremont blanc, en regret de Savoie reblochonesque…

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Mon cœur gourmand d’international se félicite que ce fromage européen s’accomplisse en gourmandise asiatique !

Hé ! hé ! Le monde tourne rond comme un fromage !

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La faim nous pressait tellement de déguster au saut du four que je n’ai réalisé que cette photo de… succès : ce qu’il restait du gratin, peuchère les morfals !

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[1Dans très peu d’huile, j‘étale l’ail écrasé en purée sur le fond et les côtés du tian (in french : plat à gratin).