Papa, film de Maurice Barthélémy

dimanche 22 octobre 2006
par  Robert Vigneau
popularité : 15%

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PAPA !


de Maurice Barthélémy, film attendu, repéré 
depuis longtemps sur les affiches. Et surprenant de gravité,
 de retenue chez un artiste habituellement cocasse et fécond.


Ce comédien Maurice Barthélémy, plein de verve et d’invention, volontiers loufoque en joyeuse troupe, je l’ai quelquefois
 applaudi en spectateur anonyme. Un intérêt spécial
m’attache à lui : fils de mes longs amis Gérard et 
Mimi Barthélémy, je l’avais connu enfançon sur
un autre continent. Hélas, je n’ai pas vu son film précédent
(ça s’est pas trouvé).


 Papa ! est un film 
très simple : un père (médecin, ce qui n’est pas 
indifférent) et son fils de 8/9 ans traversent la France en 
bagnole. Les paysages témoignent de différents climats
 et on a l’impression que le chauffeur lambine à toute vitesse 
et même tourne en rond : il ne faut plus trois jours pour 
traverser la France, de nos jours ! Pourquoi gagne-t-il du temps ? On 
le découvre peu à peu sans avoir l’air d’y toucher…


Road movie un peu lent, donc, beaucoup d’images de la
 guimbarde roulant dans des paysages antitechnicolor et il faut 
guetter les dialogues en biais pour comprendre la raison de ce 
périple tout en subtilités, le secret et la blessure, le non-dit et l’aveu et nous partageons finalement un temps initiatique, on le comprend par la révélation de la fin.


En fait, il y a eu un jeune décès dans la famille. A travers la complicité du père et du fils se tisse le travail du deuil. L’acceptation de l’inacceptable. Sujet grave, jamais ennuyeux parce que ponctué des éclats de la vie.


On ressort de ces instants heureux d’amour. Le sujet,
l’enfance confrontée à la mort, me parait fort rare et
très original dans son traitement et sa générosité. Et il suppose, pudique, l’intelligence du spectateur.

Un film exemplaire.


Je l’avoue : ce film m’a bouleversé aussi pour des raisons très personnelles.
Le générique de fin se termine par cette dédicace : à Robinson.


Or ce Robinson, fils de Clémentine Barthélémy et de Stéphane Rouberol, était le propre neveu du réalisateur. A deux, trois ans, il est tombé dans un bief où il se noya. Cette dédicace donne une dimension lyrique, personnelle et pour moi bouleversante à ce beau film que je suis aussitôt allé revoir. Mèche vendue, 
l’émotion en devenait lucide et majestueuse, tant mieux !


 Il se trouve que j’avais composé pour Robinson ou plutôt pour les aprents de Robinson, le poème de naissance que je reproduis ci-après. À relire mon poème aujourd’hui, certaines expressions
 (prémonitoires ?) me paraissent insoutenables.


Île de Robinson
.
à Robinson Barthélémy-Rouberol

.

Ouï, cette île était déserte :

Il nous fallait Robinson

Pour peupler nos découvertes

De rires et de chansons.


UN curieux trou de silence

Que personne n’entendait

A débordé d’éloquence

Dès l’instant où tu es né.



Maintenant le monde chante

Plus plein, plus haut et plus droit

Car ses mélodies s’augmentent

Cher Robinson, de ta voix.


Ne manquait que toi sur terre

Pour que la joie mette son

Diapason dans nos affaires. 

Tu tombes à pic, mon garçon !


.

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Papa !
de Maurice Barthélémy, film attendu, repéré
depuis longtemps sur les affiches. Et surprenant de gravité,
de retenue chez un artiste habituellement cocasse et facond.

Ce comédien Maurice Barthélémy, plein de verve et d’invention,
volontiers loufoque en joyeuse troupe, je l’ai quelquefois
applaudi en spectateur anonyme. Un intérêt spécial
m’attache à lui : fils de mes longs amis Gérard et
Mimi Barthélémy, je l’avais connu enfançon sur
un autre continent. Hélas, je n’ai pas vu son film précédent
(ça s’est pas trouvé).

 Papa ! est un film
très simple, un père (médecin, ce qui n’est pas
indifférent) et son fils de 8/9 ans traversent la France en
bagnole. Les paysages témoignent de différents climats
et on a l’impression que le chauffeur lambine à toute vitesse
et même tourne en rond : il ne faut plus trois jours pour
traverser la France, de nos jours ! Pourquoi gagne-t-il du temps ? On
le découvre peu à peu sans avoir l’air d’y toucher…

Road movie un peu lent, donc, beaucoup d’images de la
guimbarde roulant dans des paysages antitechnicolor et il faut
guetter les dialogues en biais pour comprendre la raison de ce
périple tout en subtilités, le secret et la blessure,
le non-dit et l’aveu et nous partageons finalement un temps
initiatique, on le comprend par la révélation de la
fin.

En fait, il y a eu un jeune décès dans la
famille. A travers la complicité du père et du fils se
tisse le travail du deuil. L’acceptation de l’inacceptable.
Sujet grave, jamais ennuyeux parce que ponctué des éclats
de la vie.

On ressort de ces instants heureux d’amour. Le sujet,
l’enfance confrontée à la mort, me parait fort rare et
très original dans son traitement et sa générosité.
Et il suppose, pudique, l’intelligence du spectateur.

Un film exemplaire.


Je l’avoue : ce film m’a
bouleversé aussi pour des raisons très personnelles. Le
générique de fin se termine par une dédicace : à
Robinson.

Or ce Robinson, fils de Clémentine Barthélémy
et de Stéphane Rouberol, était le propre neveu du
réalisateur. A deux, trois ans, il est tombé dans un
bief où il se noya. Cette dédicace donne une dimension
lyrique, personnelle et pour moi bouleversante à ce beau film
que je suis aussitôt allé revoir. Mèche vendue,
l’émotion en devenait lucide et majestueuse, tant
mieux !

 Il se trouve que j’avais composé pour
Robinson le poème de naissance que je reproduis ci-après.
A relire mon poème aujourd’hui, certaines expressions
(prémonitoires ?) me paraissent insoutenables.

 

Ile
de Robinson

à Robinson Barthélémy-Rouberol

 

Oui,
cette île était déserte :
Il nous fallait
Robinson
Pour peupler nos découvertes
De rires et de
chansons.
 

Un
curieux trou de silence
Que personne n’entendait
A débordé d’éloquence
Dès l’instant où tu es né.

 

Maintenant
le monde chante
Plus plein, plus haut et plus droit
Car ses
mélodies s’augmentent
Cher Robinson, de ta voix.
 

Ne
manquait que toi sur terre
Pour que la joie mette son
Diapason
dans nos affaires.
Tu tombes à pic, mon garçon !

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